Pêche dans le golfe de Gascogne
Posée le 15/02/2024 • Ministère interrogé : Mer et biodiversité
Alain Cadec Les Républicains
Sénateur — Côtes-d'Armor
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 15/02/2024
M. Christophe Béchu, ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires. Monsieur le sénateur Cadec, si le règlement intérieur de cette maison le permettait, c'est non pas un ministre, mais un duo de ministres qui vous répondrait, d'autant qu'il faudrait à la fois répondre au sénateur des Côtes-d'Armor que vous êtes, mais aussi à l'ancien président de la commission de la pêche du Parlement européen - trop peu le savent dans cet hémicycle -, qui connaît à ce titre parfaitement les politiques de décarbonation, d'électrification des bateaux et d'accompagnement de la pêche.
Mme Audrey Linkenheld. Quel flatteur ! (Sourires sur les travées du groupe SER.)
M. Christophe Béchu, ministre. Comme vous l'avez rappelé, monsieur le sénateur, le point de départ est, non pas la position du Gouvernement, mais la décision du Conseil d'État du 22 décembre dernier, dont l'effet se termine le 20 février prochain, c'est-à-dire dans quelques jours.
Face à cette situation, qu'a fait le Gouvernement ?
Nous nous sommes tout d'abord assurés que cette décision d'une juridiction française s'appliquerait à tous les navires étrangers. Nous avons donc contrôlé cette fermeture spatiotemporelle. Je tiens à saluer le ministre des armées pour la participation de la marine nationale et de nos patrouilleurs à ces contrôles. Je puis du reste vous assurer, monsieur le sénateur, même si tel n'était pas l'objet de votre question, qu'à cette heure aucun manquement à cette fermeture n'a été constaté.
Je ne peux pas imaginer, ensuite, que vous opposiez les dauphins et les pêcheurs ni que vous considériez qu'il ne convienne pas de les accompagner à la hauteur de leur préjudice.
M. Rachid Temal. Les dauphins ? (Sourires sur les travées du groupe SER.)
M. Christophe Béchu, ministre. Après la tenue du Comité national des pêches le 1er février dernier, nous avons obtenu l'accord de la Commission européenne le 5 février, de sorte que la plateforme qui permettra aux pêcheurs d'être indemnisés à hauteur de 80 % à 85 % de leurs pertes sera ouverte dès la semaine prochaine. J'ajoute que, comme cela a été demandé, les mareyeurs, les ports et les criées seront également accompagnés.
Enfin, dès la semaine prochaine, Hervé Berville, qui est pleinement mobilisé sur cette question, et moi-même irons à la rencontre des pêcheurs pour tirer le bilan de cette année et réfléchir aux moyens d'éviter que l'on ne se retrouve dans la même situation l'année prochaine.
Le Gouvernement ne conteste pas que, avec près de 2 500 échouages, nous avons un niveau de capture élevé, même si cela peut par ailleurs faire débat. Les estimations selon lesquelles entre 5 000 et 10 000 dauphins communs ont été capturés de manière accidentelle nous interpellent sur la survie de l'espèce.
En tout état de cause, dès la semaine prochaine, la fin de cette fermeture sera l'occasion de regarder ensemble vers l'avenir. En effet, nous croyons à la filière de la pêche et à sa participation pleine et entière à la souveraineté alimentaire de notre pays. Alors même que la surpêche reflue, nous devons aller encore plus loin pour accompagner la reconstitution des stocks. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
Source : senat.fr ↗
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