Éducation à la vie affective et sexuelle
Posée le 07/03/2024 • Ministère interrogé : Premier ministre
Monique Lubin SER
Sénatrice — Landes
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 07/03/2024
Mme Aurore Bergé, ministre déléguée auprès du Premier ministre, chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations. Monsieur le président, mesdames, messieurs les sénateurs, madame la sénatrice Lubin, tout commence effectivement à l'école.
Si nous pouvions croire que le sexisme était un fait générationnel qui appartiendrait bientôt à un passé révolu, le rapport du HCE que vous évoquez, madame la sénatrice, nous apprend qu'il n'en est rien. Pis, un quart des hommes âgés de 20 ans à 35 ans estiment qu'il peut être normal d'être violent pour se faire respecter de leur compagne ou de leur épouse.
Ce rapport alarmant pointe la marche qu'il nous reste à gravir ensemble.
Telle est la raison pour laquelle, avec la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, Nicole Belloubet, je travaille pour garantir l'effectivité de ces heures dédiées qui permettent d'intégrer les notions essentielles de respect, d'intégrité du corps, de consentement et tout simplement d'égalité entre les petites filles et les petits garçons.
Ne soyons pas dupes : comme le montre le rapport sénatorial transpartisan intitulé Porno : l'enfer du décor, nos enfants, en moyenne à l'âge de 11 ans, commencent leur éducation sexuelle en regardant du porno, c'est-à-dire en visionnant des images violentes et humiliantes pour les femmes qui emportent une représentation déformée des relations affectives et sexuelles.
Si nous ne voulons pas que nos enfants fassent leur éducation sexuelle par eux-mêmes et par ce biais-là, il nous faut non seulement améliorer la régulation de l'industrie pornographique, mais aussi travailler à la racine pour accompagner nos enfants, notamment en garantissant que ces heures dédiées, qui sont inscrites dans les programmes, soient effectivement dispensées, afin que la culture de l'égalité progresse dans notre pays. (M. Thani Mohamed Soilihi, Mme Olivia Richard et M. Olivier Cadic applaudissent.)
M. le président. La parole est à Mme Monique Lubin, pour la réplique.
Mme Monique Lubin. Je vous remercie de votre réponse, madame la ministre. Si nous avons vécu ce lundi un moment extraordinaire lors de la réunion du Congrès, comme notre collègue Laurence Rossignol l'a très bien dit à la tribune, le combat n'est pas terminé pour autant.
Il nous faut attaquer le mal à la racine, madame la ministre. Cela suppose que, ensemble, nous soyons en mesure de combattre l'hypocrisie de ceux qui, dans nos assemblées, votent des dispositions pour s'inscrire dans l'air du temps, mais qui, sur le terrain, motivent et soutiennent des organisations qui, elles, défendent l'indéfendable. (Applaudissements sur les travées du groupe SER. - Mme Silvana Silvani applaudit également.)
Mme Laurence Rossignol. Très bien !
Source : senat.fr ↗
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