Antisémitisme dans l'enseignement supérieur
Posée le 21/03/2024 • Ministère interrogé : Enseignement supérieur et recherche
Jean Hingray UC
Sénateur — Vosges
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 21/03/2024
Mme Sylvie Retailleau, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche. Monsieur le sénateur Hingray, oui, vous l'avez dit, et il faut le répéter haut et fort, l'antisémitisme, quel que soit le masque qu'il revêt, est un fléau et en la matière la tolérance zéro est notre ligne.
L'université et l'école font partie intégrante de la société. Si elles partagent des forces et des lumières, elles doivent aussi affronter les tensions et les sombres maux qui les parcourent.
Vous m'interrogez sur les événements récents qui se sont déroulés à Sciences Po. Comme à chaque fois, nous appliquons une méthode d'objectivation des faits, que vous avez rappelés. C'est la raison pour laquelle, conformément à nos annonces, le Premier ministre et moi-même avons transmis un signalement à la procureure au titre de l'article 40 du code de procédure pénale.
Nous nous sommes rendus sur place, je n'y reviens pas. Il y a eu, je le confirme, un envahissement sauvage de l'amphithéâtre et une absence manifeste de respect du cadre permettant un débat serein, débat qui doit pouvoir se tenir dans nos établissements d'enseignement supérieur et de recherche. Les témoignages sont clairs, l'étudiante de l'Union des étudiants juifs de France (UEJF) a été empêchée par deux étudiants d'accéder à la conférence. On nous a rapporté des propos antisémites gravissimes. Des signalements sont donc transmis à la justice, parce que, oui, nous sommes dans un État de droit.
Mon ministère est pleinement engagé dans la lutte contre l'antisémitisme et contre toute forme de discrimination. Dès les attaques terroristes du 7 octobre 2023, j'ai écrit aux chefs d'établissement pour leur demander d'accroître la mobilisation de chacun. Dans mon courrier, je leur demandais d'abord de prévenir les actes, puis, le cas échéant, de les repérer et d'accompagner les victimes, qui doivent pouvoir être en sécurité. Je demandais qu'ils signalent ces actes, qu'ils engagent une réponse à la fois disciplinaire et judiciaire et qu'ils agissent pour réparer et effacer les traces de haine.
C'est un travail que nous menons en lien avec chaque acteur, notamment avec les représentants étudiants. Des actions sont déployées dans le cadre du plan national de lutte contre le racisme, l'antisémitisme et les discriminations, plan que nous continuons à mettre en oeuvre année après année.
M. le président. Il faut conclure !
Mme Sylvie Retailleau, ministre. Nous ne baisserons jamais la garde face au poison de l'antisémitisme. Vous pouvez compter sur notre détermination. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI. - M. Bernard Fialaire applaudit également.)
Source : senat.fr ↗
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