Situation des finances publiques
Posée le 28/03/2024 • Ministère interrogé : Économie, finances, souveraineté industrielle et numérique
Antoine Lefèvre Les Républicains
Sénateur — Aisne
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 28/03/2024
M. Bruno Le Maire, ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique. « Quand on me contrarie, on éveille mon attention, non pas ma colère », écrivait Montaigne. Vous avez précisément éveillé mon attention, monsieur le sénateur. (Exclamations ironiques sur les travées du groupe Les Républicains.)
M. Pascal Savoldelli. Il était temps !
M. Bruno Le Maire, ministre. Ce problème national des finances publiques ne remonte pas à un an, mais à des décennies ! (Exclamations sur les travées du groupe Les Républicains.) En effet, il y a une propension nationale à la dépense publique, bien partagée sur ces travées.
Le rapporteur général ne cesse de m'adresser des critiques sur les dépenses excessives. Or, au sortir du covid, alors que nous voulions en finir avec les dispositifs exceptionnels, il m'écrivait que telle profession attend du Gouvernement le rétablissement du fonds de solidarité, du chômage partiel et de l'indemnisation des coûts fixes, qui lui avaient permis de résister à la crise.
Des courriers comme celui-là, je n'en reçois pas quelques dizaines, ni des centaines, mais des milliers, et de tous les groupes politiques confondus ! Très peu me proposent des réductions de dépenses. (Exclamations sur les travées du groupe Les Républicains.)
M. Jean-François Husson. Nous vous avons suggéré des milliards d'euros d'économies !
M. Olivier Paccaud. Oui, pendant l'examen du budget !
M. Bruno Le Maire, ministre. Au contraire, on m'invite toujours à dépenser davantage pour mieux protéger les Français !
Puisque vous parlez de « déni », monsieur le sénateur, je vous invite à reconnaître la nécessité de sortir de cette addiction à la dépense publique, qui est la marque caractéristique de la France. (Nouvelles exclamations sur les travées du groupe Les Républicains.)
Il faut être capable de réduire les dépenses inefficaces et inutiles et de faire des choix de politique publique. C'est la raison pour laquelle je vous invite à participer, demain, à la réunion que je tiendrai avec l'ensemble des groupes politiques.
Je rejoins le président Raynal, qui a complètement raison : ce sont des choix de politique publique qu'il faut faire pour définir le type de société que nous voulons. Or les choix que défend le Gouvernement sont clairs : une société du travail, qui suppose de réformer l'indemnisation du chômage ; une société de la responsabilité, qui commande d'en finir avec la politique du tout-gratuit ; une société de l'innovation, qui renforce la croissance dans notre pays. Voilà ce que je vous propose, monsieur le sénateur ! (Applaudissements sur des travées du groupe RDPI.)
M. le président. La parole est à M. Antoine Lefèvre, pour la réplique.
M. Antoine Lefèvre. Monsieur le ministre, vous avez annoncé que la réduction du déficit s'opérerait en priorité sur la protection sociale et les dépenses des collectivités. Ce sont donc les élus locaux qui, une fois de plus, seront désignés comme les boucs émissaires de votre mauvaise gestion financière du pays.
Je rappellerai à votre mémoire ces mots de Pierre Mendès France : « Les comptes en désordre sont la marque des nations qui s'abandonnent. » (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)
Source : senat.fr ↗
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