Jeux en ligne illégaux
Posée le 11/04/2024 • Ministère interrogé : Économie, finances, souveraineté industrielle et numérique
Nathalie Delattre RDSE
Sénatrice — Gironde
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 11/04/2024
M. Mickaël Vallet. Rien ne va plus ! (Sourires.)
M. Thomas Cazenave, ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé des comptes publics. Madame la sénatrice Nathalie Delattre, nous partageons tous ici l'idée selon laquelle les jeux illégaux en ligne posent de nombreux problèmes.
Vous dites qu'il n'y a pas de règles. Or il en existe bien une : les jeux de casino en ligne sont interdits !
Ces jeux sont problématiques, je le répète, et d'abord pour tous ceux qui respectent les règles, c'est-à-dire les casinos physiques et les jeux de paris en ligne.
Ils posent surtout un énorme problème de santé publique. Je citerai deux chiffres. Le taux de prévalence du jeu excessif, qui permet d'évaluer le nombre de personnes se trouvant dans une situation de dépendance au jeu, est de 46 % pour les joueurs de jeux de casino en ligne, contre 11 % pour ceux qui s'adonnent aux paris sportifs.
La libéralisation, que vous appelez de vos voeux, soulève plusieurs questions.
Tout d'abord, si l'on considère l'écosystème existant, composé de casinos physiques et de sites en ligne, et les pays qui ont fait le choix de la libéralisation, on constate qu'il y a toujours une offre illégale de jeux de casino en ligne. Notre objectif est de bloquer ces jeux et d'interdire l'accès à ces sites.
Vous avez cité la loi Pacte de 2019. Or nous avons encore fait évoluer la réglementation : ainsi, la loi du 2 mars 2022 visant à démocratiser le sport en France prévoit une procédure administrative qui autorise désormais la présidente de l'ANJ à décider de bloquer un site ; c'était auparavant de la seule compétence du juge. Et cela marche ! En un an et demi seulement, 946 procès-verbaux ont été dressés ; 355 ordres administratifs ont été établis ; et 1 500 sites ont été bloqués.
Avant d'envisager d'autres évolutions législatives, madame la sénatrice, continuons de dresser ensemble le bilan des dispositifs en vigueur, pour resserrer l'étau autour de celles et de ceux qui ne respectent pas la réglementation actuelle ! (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI. - Mme Élisabeth Doineau applaudit également.)
Source : senat.fr ↗
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