Surpopulation carcérale
Posée le 11/04/2024 • Ministère interrogé : Justice
Michel Canévet UC
Sénateur — Finistère
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 11/04/2024
Mme Sarah El Haïry, ministre déléguée auprès de la ministre du travail, de la santé et des solidarités, de la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse et du garde des sceaux, ministre de la justice, chargée de l'enfance, de la jeunesse et des familles. Monsieur le sénateur Canévet, les conditions de détention sont au coeur des préoccupations du Gouvernement et, plus particulièrement, du garde des sceaux, qui ne peut être présent dans l'hémicycle cet après-midi, puisqu'il est en déplacement au Québec avec le Premier ministre, et qui m'a chargée de vous répondre.
La prison est bien sûr nécessaire pour punir et protéger nos concitoyens. Mais l'incarcération doit se faire dans des conditions dignes, ce à quoi le garde des sceaux s'emploie chaque jour.
Monsieur le sénateur, vous avez rappelé que la livraison de 15 000 nouvelles places de prison constitue un programme ambitieux et un levier essentiel.
Au 1er janvier 2024, dix-neuf établissements ont déjà été livrés, et près de la moitié des établissements du programme immobilier seront opérationnels dès cette année.
En outre, la direction de l'administration pénitentiaire poursuit, avec beaucoup d'énergie et de vigueur, l'accélération des transferts vers ces établissements pour permettre aux condamnés d'y effectuer leurs peines, et ce afin de limiter de fait la surpopulation carcérale.
En ce qui concerne la maison d'arrêt de Brest, monsieur le sénateur, vous avez raison : son taux d'occupation est particulièrement élevé. Le programme immobilier comporte la construction d'un futur centre pénitentiaire à Vannes, qui permettra certainement d'apporter des solutions pérennes.
Au-delà de ces perspectives, la situation de la maison d'arrêt de Brest fait l'objet d'un dialogue nourri entre l'autorité judiciaire et les services pénitentiaires.
Vous me demandez ce que le Gouvernement fait concrètement, maintenant. Des signalements spécifiques ont été réalisés auprès de la directrice interrégionale des services pénitentiaires de Rennes. À Brest, le taux d'octroi de mesures de libération sous contrainte prononcées par l'autorité judiciaire est de 69 % plus élevé que la moyenne nationale, parce qu'il s'agit là d'un levier supplémentaire permettant de réduire la surpopulation carcérale. Je parle là de sorties de détention encadrées - et non de sorties sèches -, qui contribuent à combattre la récidive.
Vous avez enfin évoqué les risques auxquels sont exposés les personnels et les détenus de cet établissement. Le site de la maison d'arrêt sera sécurisé grâce à un investissement de plus de 11 millions d'euros destiné à lutter contre les lames et le « shit » et à protéger les professionnels. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
M. le président. La parole est à M. Michel Canévet, pour la réplique.
M. Michel Canévet. La situation, particulièrement préoccupante, appelle des réactions immédiates. Sans cela, les prisons continueront malheureusement d'être une source de faits divers.
Les divers événements relatés depuis le début de cette séance de questions d'actualité au Gouvernement, tout comme les récentes annonces du garde des sceaux sur le nombre d'incarcérations - une centaine - réalisées à la suite des opérations « place nette », montrent, hélas, que les prisons sont occupées par de plus en plus de détenus. (Applaudissements sur les travées du groupe UC, ainsi que sur des travées du groupe INDEP.)
Source : senat.fr ↗
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