Groupe ExxonMobil
Posée le 01/05/2024 • Ministère interrogé : Industrie et énergie
Céline Brulin CRCE-K
Sénatrice — Seine-Maritime
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 01/05/2024
M. Roland Lescure, ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé de l'industrie et de l'énergie. Madame la sénatrice Céline Brulin, comme vous l'avez dit, ExxonMobil a annoncé le 11 avril dernier la fermeture de plusieurs activités chimiques à Gravenchon, dans la commune de Port-Jérôme-sur-Seine, mais aussi la vente d'une raffinerie à Fos-sur-Mer.
J'ai bien sûr pris contact immédiatement avec la direction française d'ExxonMobil, ainsi qu'avec le siège de l'entreprise à Houston, aux États-Unis, pour leur signifier mon mécontentement et ma déception vis-à-vis de cette décision et pour les interroger sur les raisons qu'ils mettent en avant pour la justifier.
Ils soulignent que le vapocraqueur est bien plus petit que celui de ses concurrents et souffre ainsi d'un déficit de compétitivité, qui est d'ailleurs en partie dû à un manque d'investissement ces dernières années.
M. Fabien Gay. Et c'est aux salariés de trinquer !
M. Roland Lescure, ministre délégué. En effet, cette activité est déficitaire en France depuis de nombreuses années.
Nous avons également rencontré immédiatement le repreneur de la raffinerie de Fos-sur-Mer. Je m'éloigne quelque peu de votre question, mais il était important de nous assurer que les 300 salariés concernés conserveraient leur emploi dans le cadre de la reprise par l'entreprise Rhône Énergies, laquelle a véritablement la volonté d'investir dans la raffinerie.
En ce qui concerne le site de Port-Jérôme-sur-Seine, la reprise s'accompagnera en effet malheureusement d'un PSE. Nous serons intraitables avec ExxonMobil, pour que cette société respecte ses obligations légales, et même, au-delà, pour qu'elle fasse preuve de responsabilité d'un point de vue social, vis-à-vis tant des salariés que du territoire, ces usines étant présentes dans la région depuis plus de quatre-vingt-dix ans.
Nous sommes en contact avec les représentants de l'entreprise. Nous le sommes aussi avec les élus : j'ai rencontré la vice-présidente de région et une députée, et mon cabinet vous transmettra, s'il ne l'a pas déjà fait, des dates pour fixer le rendez-vous que vous avez sollicité, afin que nous suivions ce dossier ensemble.
Cette décision est triste. Il s'agit d'une mauvaise nouvelle, qui intervient dans un territoire en développement, au sein duquel existent des perspectives d'emploi et d'investissement, y compris de la part de grandes entreprises américaines. Nous suivrons ce dossier de très près, en collaboration avec les élus locaux et, bien sûr, nationaux. (M. Ludovic Haye applaudit.)
M. le président. La parole est à Mme Céline Brulin, pour la réplique.
Mme Céline Brulin. Monsieur le ministre, nous attendons plus que des regrets. Nous parlons d'activités stratégiques. Le Gouvernement, qui s'y refusait jusqu'à présent, semble examiner la possibilité de reprendre les activités stratégiques d'Atos. Pourquoi ne pas le faire également dans ce cas ?
Pourquoi ne pas étudier la création d'un pôle pétrochimique ancré en France, en partenariat avec TotalEnergies, plutôt que de laisser ce dernier s'expatrier et entrer en bourse à Wall Street ?
Nous avons besoin de maintenir ces activités, qui ont des débouchés dans les industries pharmaceutique, médicale et automobile. (Applaudissements sur les travées du groupe CRCE-K, ainsi que sur des travées du groupe SER.)
Mme Marianne Margaté. Très bien !
Source : senat.fr ↗
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