Événements à Sciences Po Paris
Posée le 01/05/2024 • Ministère interrogé : Enseignement supérieur et recherche
Stéphane Piednoir Les Républicains
Sénateur — Maine-et-Loire
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 01/05/2024
Mme Sylvie Retailleau, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche. Monsieur le sénateur Stéphane Piednoir, je veux le dire une nouvelle fois : le débat doit avoir lieu et la liberté d'expression s'exercer (M. Roger Karoutchi s'exclame.), car c'est la vocation, parmi d'autres, des universités.
Cependant, et vous avez raison, cela n'autorise pas tout, en particulier les blocages et les intimidations.
Il est impossible qu'une minorité puisse faire subir cette situation à 15 000 étudiants, en tentant d'importer cette mobilisation américaine. C'est pourquoi nous avons été vigilants et fermes, et nous continuerons de l'être, cependant que les chefs d'établissement prennent leurs responsabilités en exerçant, je tiens à le dire, leur pouvoir de police.
C'est pourquoi des campus sont évacués lorsqu'ils sont bloqués. Je voudrais citer l'évacuation de la Sorbonne hier, celle du campus Saint-Thomas de Sciences Po mercredi dernier, et encore, aujourd'hui, celle du campus de Saint-Étienne.
C'est pourquoi, aussi, des réunions publiques sont parfois interdites, lorsqu'elles présentent un risque de trouble à l'ordre public.
Vous m'interrogez sur le communiqué interne de Sciences Po, qui mérite largement, en effet, d'être clarifié sur plusieurs points.
Tout d'abord, et bien évidemment, la direction n'a pas donné suite à cette revendication, illégitime et dangereuse, d'une suspension des partenariats avec les universités israéliennes. Elle organise un débat cadré, dans des conditions très strictes - nous y veillerons.
Ensuite, je tiens à le redire, aucune sanction pour des faits graves, comme les signalements d'antisémitisme au cours de la journée du 12 mars, ne sera abandonnée. Jamais !
Enfin, le retour au calme était nécessaire en raison des examens de la semaine prochaine, qui doivent se tenir sereinement, tandis que les cours doivent reprendre dès lundi. Dès le lendemain de ces événements, la bibliothèque a d'ailleurs ouvert sans incident.
Le rétablissement d'un climat serein et, surtout, le respect des principes de la République font partie des priorités que l'État a fixées à l'administration provisoire de Sciences Po. Ce sera un point important du contrat qu'il négocie actuellement avec l'établissement.
M. le président. La parole est à M. Stéphane Piednoir, pour la réplique.
M. Stéphane Piednoir. Madame la ministre, nous refusons de participer à la fable de la grenouille ébouillantée. À chaque fois, à chaque nouvel incident, on s'indigne, on s'émeut, on condamne, on promet même des sanctions. Et, en définitive, on se félicite du retour au calme.
Je vous le dis : il faut que cela cesse. Et je vous le demande : qu'y a-t-il derrière la ligne rouge ? Moi, je vous le dis : en France, on ne dialogue pas avec les terroristes ni avec leurs soutiens ; on n'ouvre pas de débat avec ceux qui veulent déconstruire nos valeurs et nos principes, avec ceux qui promeuvent l'islamo-gauchisme dans nos universités, avec ceux qui agitent le feu et la haine dans une résurgence de l'antisionisme, ce faux nez de l'antisémitisme.
Il est temps d'identifier, de condamner et de bannir les véritables ennemis de la République. (Applaudissements sur les travées des groupes Les Républicains et UC.)
Source : senat.fr ↗
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