Budget du ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche
Posée le 30/05/2024 • Ministère interrogé : Premier ministre
Éric Kerrouche SER
Sénateur — Landes
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 30/05/2024
Mme Sylvie Retailleau, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche. Monsieur le sénateur Kerrouche, je vous remercie d'avoir rappelé l'ambition que le Président de la République a défendue lors de son discours du 7 décembre. Les annonces qu'il a faites renforcent un rattrapage que nous avons enclenché au travers de la loi de programmation de la recherche, qui représente un investissement de 25 milliards d'euros sur dix ans, consacrés en particulier à un aspect important pour la recherche en France et en Europe : l'attractivité.
En effet, ce qui nous manque actuellement, ce sur quoi nous devons continuer de travailler, c'est de redonner de l'attractivité à notre recherche pour encourager nos talents et nos chercheurs. Sur les 54 milliards d'euros de France 2030, nous investissons 13 milliards d'euros dans des programmes prioritaires de recherche, selon une vision stratégique.
Il est vrai que, dans ce contexte économique, 900 millions d'euros de crédits ont été annulés, dont 580 millions d'euros devaient être affectés à mon ministère. Je ne vous répondrai donc que sur ces 580 millions d'euros, dont 75 millions d'euros concernent la réserve de précaution et 100 millions d'euros portent sur la programmation pluriannuelle d'immobilier et d'équipements de recherche.
Sans minimiser l'impact de cette annulation, je peux vous dire que nous continuerons, au travers de la loi de programmation de la recherche, au travers du prochain programme européen, au travers des contrats de plan État-région (CPER), pour ce qui concerne l'immobilier, et au travers des plans de relance et des projets que nous avons construits avec nos établissements, de donner corps à l'ambition exposée par le Président de la République pour la recherche et l'investissement. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
M. François Patriat. Bravo !
M. le président. La parole est à M. Éric Kerrouche, pour la réplique.
M. Éric Kerrouche. Madame la ministre, j'entends le discours managérial habituel du Gouvernement, mais non, on ne conduit pas de bons travaux dirigés avec soixante étudiants dans une même salle, pas plus que l'on étudie dans de bonnes conditions dans un amphithéâtre où il fait 14 degrés.
Vous n'avez pas la confiance des acteurs de l'enseignement supérieur et de la recherche : seuls 4 % d'entre eux ont un avis positif sur vos réformes.
Le recours massif à l'emploi précaire mine l'enseignement supérieur, quand les salaires académiques sont toujours peu élevés. On estime qu'il faudrait recruter 10 000 personnes dans les universités pour retrouver le taux d'encadrement de 2010.
En outre, 25 % des étudiants sont désormais inscrits dans l'enseignement supérieur privé, contre 15 % dans les années 1990. Or il n'est pas soumis à la même obligation de transparence que l'enseignement supérieur public.
Au bout du compte, vous renoncez à la promesse républicaine. Les étudiants les plus favorisés fréquentent les meilleurs établissements. Les enfants issues de catégories sociales supérieures sont plus diplômés que les enfants d'ouvriers.
Le Premier ministre a déclaré il y a quelques semaines que vous étiez le Gouvernement du dépassement ; c'est faux, madame la ministre. Pour la recherche, pour l'enseignement supérieur et pour l'université, vous êtes le Gouvernement du déclassement ! (Applaudissements sur les travées du groupe SER.)
Source : senat.fr ↗
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