Réforme de l'assurance chômage
Posée le 06/06/2024 • Ministère interrogé : Premier ministre
Monique Lubin SER
Sénatrice — Landes
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 06/06/2024
Mme Catherine Vautrin, ministre du travail, de la santé et des solidarités. Madame Lubin, oui, je me suis appuyée sur des documents, et en particulier, pour vous répondre précisément, sur l'étude de la Dares (direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques), qui montre deux choses.
Tout d'abord, en ce qui concerne le bonus-malus, c'est-à-dire dans des secteurs où il y a des contrats courts, le taux de séparation a baissé de 10 %.
Ensuite, la durée des contrats d'intérim a augmenté : ces contrats sont donc plus longs. (Mme Raymonde Poncet Monge s'exclame.)
Voilà très précisément deux exemples d'évolutions que nous avons mesurées. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
M. le président. La parole est à Mme Monique Lubin, pour la réplique.
Mme Monique Lubin. Très honnêtement, madame la ministre, les éléments que vous venez de donner ne répondent absolument pas aux questions que je vous ai posées.
Les économistes sont unanimes : ces réformes n'ont aucun effet sur la reprise d'emploi.
Je pense aux jeunes, que vous éloignez de plus en plus de ce filet de sécurité qu'est l'assurance chômage. Tout le monde sait que, quand on est jeune, peu diplômé et éloigné des grands centres, on entre dans la vie active par le biais des contrats courts. Comment ces jeunes seront-ils protégés ?
Ensuite, les seniors. Alors là je dois reconnaître que c'est assez abracadabrantesque, comme disait un ancien président de la République. Vous avez fait sauter les bornes d'âge de 52 ans et 54 ans. Il reste la borne de 57 ans au-delà de laquelle les demandeurs d'emploi seniors seront indemnisés plus longtemps que les autres, mais moins longtemps qu'aujourd'hui.
Or tout le monde connaît les difficultés d'accès à l'emploi des seniors à partir de l'âge de 50 ans. J'avoue franchement ne pas bien comprendre !
Daignez nous écouter au moins, madame la ministre...
Mme Catherine Vautrin, ministre. Je vous écoute !
Mme Monique Lubin. Vous faites des réformes extrêmement faciles, comme supprimer des droits. Il est beaucoup plus compliqué de chercher de nouvelles recettes.
Certes, les chômeurs sont invisibles, personne ne les défend, mais tout le monde sait que vous les malmenez. Cela met un sacré coup de canif à notre contrat social...
M. le président. Il faut conclure.
Mme Monique Lubin. ... et, à terme, à notre démocratie. (Applaudissements sur les travées des groupes SER, CRCE-K et GEST.)
Source : senat.fr ↗
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