Situation au Proche-Orient
Posée le 17/10/2024 • Ministère interrogé : Europe et affaires étrangères
Akli Mellouli GEST
Sénateur — Val-de-Marne
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 17/10/2024
M. Jean-Noël Barrot, ministre de l'Europe et des affaires étrangères. Monsieur le sénateur, la France ne détourne les yeux d'aucune violation du droit international : elle se trouve toujours du côté du droit international.
Si, comme la France, tous les pays du monde avaient immédiatement appelé à un cessez-le-feu, à l'acheminement sans entrave de l'aide humanitaire, à la libération inconditionnelle des otages ; si, comme la France, tous les pays du monde avaient acheminé 1 200 tonnes d'aide humanitaire par toutes les voies, terrestre, aérienne et maritime ; si, comme la France à bord de son porte-hélicoptères le Dixmude, tous les pays du monde avaient consenti à soigner les enfants de Gaza ;...
M. Akli Mellouli. Cinq !
M. Jean-Noël Barrot, ministre. ... si, comme la France, tous les pays du monde avaient consenti à sanctionner les colons extrémistes et violents en Cisjordanie ; si, comme la France, tous les pays du monde consentaient aujourd'hui à soutenir financièrement l'Autorité palestinienne ; et si, comme la France, tous les pays du monde continuaient de plaider pour une solution à deux États, un État de Palestine vivant en paix et en sécurité aux côtés d'un État d'Israël, alors sans doute, monsieur le sénateur, n'en serions-nous pas au point où nous en sommes.
Vous appelez le Gouvernement, sous l'autorité du Premier ministre, à en faire plus, et vous êtes là dans votre rôle, celui de contrôler l'action du Gouvernement. Mais je veux vous inviter, mesdames, messieurs les sénateurs, à vous joindre à nos efforts et à vous saisir de ce levier que vous avez entre les mains, que l'on appelle la diplomatie parlementaire, pour alerter les opinions publiques et les parlements, partout dans le monde, sur la nécessité d'agir en suivant l'exemple donné par la France, afin que cesse le feu, que cessent les souffrances, que cessent les violences et qu'advienne la paix. (Applaudissements sur des travées du groupe RDPI. - M. Stéphane Demilly applaudit également.)
Mme Raymonde Poncet Monge. Agissez !
M. le président. La parole est à M. Akli Mellouli, pour la réplique.
M. Akli Mellouli. Monsieur le ministre, il faut parfois sortir de l'incantation pour passer à l'action. En tout état de cause, vous pouvez dès aujourd'hui agir sans les autres pays en reconnaissant l'État d'Israël... (Exclamations ironiques sur des travées du groupe Les Républicains.), pardon, de Palestine. Voyez ce lapsus, il est révélateur, mes chers collègues : je suis quant à moi, sans discussion, pour deux États ! Vous pouvez agir, disais-je, monsieur le ministre, en reconnaissant l'État de Palestine comme l'ont reconnu les deux chambres du Parlement français dans des résolutions adoptées en 2014.
Monsieur le ministre, sachez qu'il ne saurait y avoir de solution à deux États sans diplomatie et sans respect du droit international ! (Applaudissements sur les travées du groupe GEST et sur des travées du groupe SER.)
Source : senat.fr ↗
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