Narcotrafic et menaces sur les forces de l'ordre à Marseille
Posée le 24/10/2024 • Ministère interrogé : Intérieur
Valérie Boyer Les Républicains
Sénatrice — Bouches-du-Rhône
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 24/10/2024
M. Bruno Retailleau, ministre de l'intérieur. Madame la sénatrice Valérie Boyer, nous avons bien sûr reçu ce rapport de la Cour des comptes, qui constituera un socle pour notre action. Nous allons l'expertiser afin de réenvisager un dispositif pour Marseille. D'ailleurs, dans quelques jours, le garde des sceaux et moi-même nous rendrons sur place.
Je me suis entretenu avec les policiers que vous avez évoqués, dont l'un a été grièvement blessé à l'arcade sourcilière ; je veux, moi aussi, leur rendre hommage.
Il faut des renforts, c'est évident. Une promotion s'apprête à sortir des écoles de police. Aussi ai-je décidé d'envoyer très rapidement 75 gardiens de la paix en renfort à Marseille ; ils viendront s'ajouter aux renforts déjà décidés par mon prédécesseur en septembre 2022 et à la compagnie républicaine de sécurité récemment implantée dans la ville, la CRS-81.
Cela étant, tout n'est pas une affaire d'effectifs. Il faut changer notre stratégie vis-à-vis des réseaux de narcotrafiquants et de trafiquants d'êtres humains. Aujourd'hui, ces réseaux sont en train de fusionner : ce sont les mêmes qui opèrent.
Dans quelques semaines, nous allons présenter une nouvelle stratégie qui reposera sur deux dimensions. Premièrement - je vais sans doute choquer quelques personnes ici -, nous agirons sur la consommation de stupéfiants, car il n'y a pas d'offre quand il n'y a pas de demande. (Exclamations sur des travées des groupes SER et GEST.) Il faut sortir de cette consommation que l'on juge récréative, voire un peu romantique ! (Applaudissements sur les travées des groupes Les Républicains, UC et INDEP. - M. Stéphane Ravier s'exclame.)
Au bout d'un joint ou d'un rail de coke, il y a des trafiquants, des proxénètes, des criminels, ceux-là mêmes qui, tout récemment, n'ont pas eu peur de larder de cinquante coups de couteau et de brûler vif un jeune adolescent de 15 ans !
Il faut que chacun soit responsabilisé !
Un sénateur du groupe SER. Quelle politique nationale ?
M. Bruno Retailleau, ministre. Deuxièmement, comme je l'ai déjà annoncé, nous allons bâtir en la matière une stratégie analogue à celle que nous avions définie voilà une dizaine d'années en matière de lutte antiterroriste, et l'ériger en grande cause nationale. Et je ne doute pas que, dans cette perspective, nous réutiliserons les travaux conduits au Sénat par Étienne Blanc et Jérôme Durain, respectivement rapporteur et président de la commission d'enquête sur l'impact du narcotrafic en France et les mesures à prendre pour y remédier - je les salue. (Applaudissements sur les travées des groupes Les Républicains, UC et INDEP.)
Source : senat.fr ↗
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