Question écrite ✓ Répondue #29#

Étude d'impact sur la loi relative aux taxis et aux voitures de transport avec chauffeur

Posée le 03/10/2024 • Ministère interrogé : Transports

Catherine Dumas

Catherine Dumas Les Républicains

Sénatrice — Paris

La question

Mme Catherine Dumas interroge M. le ministre délégué auprès de la ministre du partenariat avec les territoires et de la décentralisation, chargé des transports sur les conséquences de la mise en place de l'incessibilité des autorisations de stationnement par la loi n° 2014-1104 du 1er octobre 2014 relative aux taxis et aux voitures de transport avec chauffeur. Elle souligne que la loi n° 2014-1104 du 1er octobre 2014 relative aux taxis et aux voitures de transport avec chauffeur a apporté plusieurs modifications au régime des autorisations de stationnement (ADS) nécessaires à l'exercice de la profession de taxi. Elle indique que les ADS délivrées après l'entrée en vigueur de la loi précitée sont, en vertu du premier alinéa de l'article L. 3121-2 modifié du code des transports, incessibles et d'une durée de validité de cinq ans, alors qu'elles pouvaient antérieurement être cédées. Elle précise que ces ADS doivent être maintenant exploitées directement par leur titulaire, et ne peuvent donc plus être exploitées au travers d'une location-gérance, ni par l'intermédiaire d'un salarié. Elle ajoute qu'un chauffeur de taxi titulaire d'une ADS ne peut plus s'inscrire sur une liste d'attente en vue de la délivrance d'une nouvelle ADS. Elle note que les nouvelles limitations précitées créent des conséquences négatives pour des centaines de chauffeurs de taxis, comme l'augmentation du prix de la location-gérance, ou encore la concentration des licences par des loueurs de grande taille. Elle déplore également que cette loi aggrave la précarité des chauffeurs de taxis, notamment parisiens, alors qu'ils sont essentiels pour le dynamisme de la capitale, la mobilité des personnes à mobilité réduite, en situation de handicap, ainsi que les habitants et les touristes. Elle souhaite par conséquent lui demander si le Gouvernement entend réaliser une étude d'impact de la loi afin de mesurer ses éventuelles conséquences pour les chauffeurs de taxis

✓ Réponse du gouvernement

Le Gouvernement est pleinement mobilisé pour lutter contre les fraudes et veiller au respect de la réglementation dans le secteur du T3P, pour la sécurité des passagers et une concurrence loyale entre les acteurs.

L'autorisation de stationnement (ADS) de taxi est attribuée après la loi n° 2014-1104 du 1er octobre 2014 relative aux taxis et aux voitures de transport avec chauffeur. De ce fait, elle est non cessible et doit être exploitée par son titulaire, sans possibilité de mise en location. La réforme adoptée en 2014 avait pour objectif de mettre fin aux effets de spéculation et d'endettement excessif liés à la valeur marchande des ADS, ainsi qu'aux pratiques d'accumulation d'autorisations exploitées en location. Le législateur a alors souhaité recentrer l'ADS sur sa vocation première : une autorisation d'exercice de la profession de taxi, délivrée à titre gratuit, au bénéfice de l'usage par son titulaire, et non la création d'un actif cessible. Le cadre juridique actuellement en vigueur résulte de ces choix législatifs, visant également à mieux répondre à la demande de mobilité de la population : la délivrance des nouvelles ADS « n'ouvre pas droit à indemnité [...] au profit des demandeurs inscrits sur liste d'attente » (article L. 3121-5 du code des transports).

Le cadre juridique en vigueur n'interdit pas, par principe, l'exercice de l'activité de taxi dans le cadre d'une société : ce sont les règles propres à chaque ADS, notamment selon sa date de délivrance et les modalités d'exploitation qu'elle définit qui déterminent les conditions dans lesquelles l'activité peut être exercée. Par ailleurs, les plateformes de voitures de transport avec chauffeur (VTC) relèvent d'un régime juridique distinct, relatif à la mise en relation. Plus généralement, le code des transports réglemente le transport public particulier de personnes (T3P) qui comprend notamment les taxis et les VTC. Il pose un cadre différencié d'exercice de ces professions, soumises à des obligations et des droits en partie distincts.

Les ADS délivrées dans le cadre du dispositif « héritage » lié aux Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024 répondent à un objectif ciblé de développement d'une offre de taxis accessibles aux usagers en fauteuil roulant ; elles s'inscrivent dans un cadre spécifique et expérimental répondant à un motif d'intérêt général. Ce cadre particulier n'a pas modifié les règles de droit commun applicables aux ADS délivrées en application de la loi de 2014, hors du champ de l'expérimentation.

Source : senat.fr ↗

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