Suivi du dispositif « Rebond Industriel » et avenir des Papeteries de Condat
Posée le 24/10/2024 • Ministère interrogé : Industrie
Marie-Claude Varaillas CRCE-K
Sénatrice — Dordogne
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 15/01/2025
Mme Marie-Claude Varaillas. Madame la présidente, les Papeteries de Condat au Lardin-Saint-Lazare, c'est, en Dordogne, plus d'un siècle d'histoire industrielle de savoir-faire du papier couché double face.
Cette entreprise, détenue aujourd'hui par le groupe Lecta et qui a compté jusqu'à 1 200 salariés, a rencontré des difficultés liées à la baisse de la demande en papier couché. Pour y faire face, elle a été aidée financièrement, ces dernières années, par la région Nouvelle-Aquitaine et par l'État, à une hauteur totale de plus de 33 millions d'euros, dont une aide importante de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) pour sa chaudière biomasse.
En 2023, le groupe annonce la fermeture d'une de ses deux lignes de production. Les 420 salariés alors dans l'usine apprennent la suppression de 174 emplois, auxquels il convient d'ajouter celle d'environ 1 500 emplois induits sur le territoire.
L'intention de Lecta de transférer cette ligne sur son site de Garda en Italie est apparue très clairement : en 2023, le groupe a produit 45 000 tonnes de papier fabriqué essentiellement sur les sites espagnol et italien, et seulement 9 700 tonnes à Condat.
La production de la seconde ligne, spécialisée dans la glassine, un papier utilisé notamment pour les étiquettes, est annoncée, pour 2025, à environ 80 000 tonnes, alors que l'équilibre financier nécessiterait d'atteindre 140 000 tonnes.
Pis, le prix de vente de la glassine produite à Condat, vendue à 1 400 euros la tonne, alors que celle-ci est en moyenne, sur le marché, de l'ordre de 1 800 euros, interroge bien évidemment la viabilité économique du site.
En 2023, le ministre de l'industrie Roland Lescure est venu en Dordogne à la rencontre des élus et des personnels, afin de mettre en place le dispositif « Rebond industriel ».
À ce jour, malgré ce dispositif, 58 salariés sur 105 sont au chômage, et les 197 encore en poste s'inquiètent légitimement de leur avenir face à une activité en dents de scie, marquée par des arrêts fréquents et une stratégie industrielle peu lisible.
À l'heure où la volonté affichée de l'État est de reconquérir notre souveraineté industrielle, le nouveau ministre de l'industrie, M. Ferracci, entend-il prendre le relais de ce dossier en s'engageant à venir sur place pour rencontrer les élus, les salariés et les acteurs économiques locaux, comme l'a fait d'ailleurs son prédécesseur ?
Il est de notre responsabilité collective d'agir pour redonner un avenir à ce site et, surtout, à ce bassin d'emplois en Dordogne.
M. le président. La parole est à Mme la ministre déléguée.
Mme Véronique Louwagie, ministre déléguée auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargée du commerce, de l'artisanat, des petites et moyennes entreprises et de l'économie sociale et solidaire. Madame la sénatrice Varaillas, vous attirez l'attention du ministre chargé de l'industrie et de l'énergie sur la situation de l'entreprise Condat, papeterie située sur la commune du Lardin-Saint Lazare, en Dordogne.
L'entreprise, appartenant au groupe Lecta, a engagé un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) à la fin de l'année 2023, entraînant la suppression de 171 emplois.
Comme vous le rappelez, les différents services de l'État aux niveaux national et local se sont particulièrement investis dès l'annonce de ce projet de restructuration, d'une part, pour veiller au respect des obligations relatives aux mesures d'accompagnement et de reclassement prévues dans le PSE et, d'autre part, en lançant une mission, « Rebond industriel », visant à pérenniser et à développer l'empreinte industrielle du territoire.
Un accord de plan de sauvegarde de l'emploi a été validé par les services de l'État le 30 octobre 2023. Le bilan est encourageant : près d'une soixantaine de salariés ont une solution de reclassement concrétisée, et 51 d'entre eux ont pu bénéficier des mesures d'âge prévues dans le PSE ou d'une retraite. Les autres salariés bénéficient toujours d'un accompagnement soutenu par le cabinet LHH.
Pour ce qui concerne l'action engagée dans le cadre de la mission Rebond industriel, de nombreux projets territoriaux ont pu être soutenus, avec la création prévue de 150 emplois, renforçant le tissu économique local dans le Périgord noir et prioritairement autour du Lardin-Saint-Lazare et de Terrasson. À ce jour, une quarantaine d'entreprises a été accompagnée sur le territoire.
Le prochain comité de pilotage de ce dispositif est prévu prochainement - il se tiendra le 24 janvier prochain. Il permettra de confirmer ces perspectives en matière d'emploi.
La situation de Lecta-Condat reste fragile, ce qui conduit l'entreprise à adapter sa stratégie et à procéder à une recapitalisation via l'actionnaire.
Dans ce contexte, les services de l'État ont décidé, afin de développer l'outil industriel, de ne pas remettre en cause la subvention de 14 millions d'euros versée par l'Ademe en 2020 pour la construction d'une chaudière biomasse, opérationnelle depuis le mois de septembre.
Mon collègue ministre Marc Ferracci et ses services restent particulièrement attentifs à l'avenir de cette entreprise, ainsi qu'à l'avenir industriel du territoire.
Source : senat.fr ↗
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