Reconnaissance officielle de la médecine du sport en tant que spécialité médicale
Posée le 21/11/2024 • Ministère interrogé : Santé et accès aux soins
Jean-Raymond Hugonet Les Républicains
Sénateur — Essonne
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 04/12/2024
M. Jean-Raymond Hugonet. Madame la secrétaire d'État, à ce jour, la France compte quarante-quatre spécialités dans le domaine de la médecine. Or une discipline demeure encore et toujours absente de cette longue liste : la médecine du sport. Pourtant, à l'occasion des jeux Olympiques de Paris 2024, l'activité physique et sportive a été élevée au rang de grande cause nationale... Force est de le constater : au grand dam de bon nombre de spécialistes, de pratiquants et de passionnés, le sport reste un angle mort de nos politiques publiques.
Pourquoi est-il aujourd'hui nécessaire de reconnaître cette pratique médicale comme telle ?
Tout d'abord, la transformation de cette compétence en spécialité serait le vecteur d'une rationalisation de la profession.
Ensuite, ce serait une première étape indispensable en vue de la création d'un diplôme d'études spécialisées (DES) de quatre ans commun à toutes les spécialités de médecine.
Enfin, et surtout, cette reconnaissance serait un signal fort envoyé à nos compatriotes sur la place que doit prendre l'activité sportive dans notre société. Que l'on soit un homme ou une femme, le sport n'est pas qu'une activité de loisir, il est indispensable au bien-être et à l'équilibre tant physique que mental.
Alors que quatorze pays ont déjà reconnu la médecine du sport comme spécialité au sein de l'Union européenne, qu'attendons-nous, madame la secrétaire d'État, pour en faire à notre tour une spécialité à part entière et lui conférer ainsi la place qu'elle mérite au sein de la société française ?
M. le président. La parole est à Mme la secrétaire d'État.
Mme Salima Saa, secrétaire d'État auprès du ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité entre les femmes et les hommes, chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes. Monsieur le sénateur, comme vous le rappelez, la promotion de l'activité physique et sportive est la grande cause nationale de cette année 2024, l'objectif étant de faire découvrir les bienfaits de l'activité physique et sportive quotidienne à tous.
Vous attirez aujourd'hui notre attention sur la reconnaissance de la médecine du sport en tant que nouvelle spécialité médicale. En France, elle est intégrée dans un cadre dual.
D'une part, la médecine du sport est une composante essentielle de la médecine physique et de réadaptation, une spécialité médicale reconnue. Les futurs médecins spécialisés sont ainsi formés à accompagner les patients dans leur parcours de soins, qu'il s'agisse de réhabilitation ou de reconditionnement à l'effort physique.
D'autre part, la médecine du sport est une formation spécialisée transversale qui permet par exemple à des étudiants en médecine générale, en rhumatologie ou encore en cardiologie d'acquérir des connaissances et des compétences spécifiques transverses pour répondre aux besoins des patients sportifs.
Ce modèle favorise une approche holistique, intégrant la pratique sportive dans une prise en charge globale et pluridisciplinaire. Comme dans d'autres domaines transversaux, une filière hospitalo-universitaire peut se construire sans qu'il existe pour autant un diplôme d'études spécialisées.
La création d'une spécialité pourrait fragmenter la prise en charge globale des patients et réduire l'intégration des compétences en médecine du sport au sein d'autres spécialités. En outre, la multiplication des spécialités n'est pas toujours bénéfique pour le système de santé et l'accès aux soins. C'est pourquoi nous avons fait le choix de privilégier une approche mixte, garantissant à la fois la formation spécifique et l'intégration transversale de la médecine du sport, afin de permettre une prise en charge adaptée et globale.
Le ministère de la santé et ses services restent toutefois très attentifs aux évolutions des besoins et à leur implication pour la formation.
M. le président. La parole est à M. Jean-Raymond Hugonet, pour la réplique.
M. Jean-Raymond Hugonet. Je vous remercie, madame la secrétaire d'État, de votre réponse. Il faut être omnisports dans vos fonctions, puisque le sujet que nous évoquons ne relève pas de votre portefeuille - même si la politique devient, de nos jours, assez sportive, comme nous le verrons dans quelques heures...
Toutefois, je vois qu'au ministère de la santé, on n'a toujours pas compris la place que tient le sport dans la société française. Quatorze pays de l'Europe ont fait de la médecine du sport une spécialité : vos arguments ne me convainquent pas.
Merci néanmoins de votre réponse, madame la secrétaire d'État.
Source : senat.fr ↗
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