Transparence sur le meurtre d'un jeune homme au centre pénitentiaire de Marseille- Les Baumettes
Posée le 30/01/2025 • Ministère interrogé : Justice
Valérie Boyer Les Républicains
Sénatrice — Bouches-du-Rhône
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 19/02/2025
Mme Valérie Boyer. Madame la ministre, le 21 septembre 2024, Robin Cotta, 22 ans, tente d'obtenir de la codéine dans une pharmacie, muni d'une fausse ordonnance. Arrêté dans la foulée, il est incarcéré à la prison des Baumettes, à Marseille.
Le 1er octobre, le jeune homme écrit à ses parents ; il reste optimiste sur la suite de cette affaire. Malheureusement, trois jours après, Robin est transféré dans une autre cellule et son enfer débute. Selon un document relaté par la presse, il a exprimé, à plusieurs reprises, ses craintes à l'encontre de son codétenu. En effet, il a lancé l'alerte trois fois par lettre, sans compter les appels à l'interphone.
Arrive alors la soirée du 9 octobre, où le bruit d'une violence inouïe retentit dans la cellule. Son bourreau s'est servi d'un bol cassé pour le tuer, jusqu'à pratiquement le décapiter. Il lui a écrasé le visage. Comble de l'horreur, le meurtrier indique également avoir manipulé le corps de sa victime pour accélérer l'hémorragie.
Ses parents ont appris les circonstances de la mort de Robin dans la presse. Je veux leur témoigner toute ma compassion.
Au-delà de sa famille, je crois que les Français attendent des réponses. Nous sommes tous dans la stupeur, le chagrin et l'incompréhension.
Aussi, madame la ministre, même si je devine que vous allez me répondre qu'il ne vous appartient pas de commenter une affaire en cours, je vous demande de faire preuve de transparence sur ce drame.
Alors que nous venons d'apprendre que des activités ludiques sont organisées dans certaines prisons, avec des séances de massage gratuites, alors que le frère d'un des tueurs du Bataclan, pourtant fiché S, se balade tranquillement à Lure, parce qu'il y est seulement assigné à résidence, alors qu'en janvier, dans les Yvelines, un individu condamné pour le viol de sa nièce mineure a été remis en liberté faute de date disponible pour son procès, bref - la liste est trop longue, hélas ! -, alors que bien des personnes dangereuses sont en liberté, pourquoi ce jeune homme, qui n'était pas dangereux, qui n'avait pas de casier judiciaire, qui avait un travail a-t-il été rapidement incarcéré ? Au minimum, madame la ministre, veuillez répondre à cette question !
D'autres solutions n'auraient-elles pas pu être envisagées, qui auraient garanti sa sécurité et sa survie ? Pourquoi a-t-il été placé dans la même cellule qu'un détenu réputé pour être ultra-violent ? Qui est son bourreau ? Quelles étaient ses motivations ? Pouvons-nous retenir une motivation raciste pour le crime ? Enfin, pourquoi les alertes de ce jeune homme n'ont-elles jamais été prises en considération ? Faut-il avoir des relations pour être protégé en prison ? (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)
Mme la présidente. La parole est à Mme la ministre déléguée.
Mme Patricia Mirallès, ministre déléguée auprès du ministre des armées, chargée de la mémoire et des anciens combattants. Madame la sénatrice Valérie Boyer, je vous prie d'abord d'excuser l'absence du ministre de la justice.
Je voudrais, comme vous, compatir à la douleur de cette famille, pour laquelle j'ai évidemment une pensée.
Dans cette affaire, la justice et l'inspection générale de la justice ont été saisies dès la commission des faits. Les deux procédures, judiciaire et administrative, sont toujours en cours. Dès lors, vous le savez bien, je ne peux pas m'exprimer sur l'affaire. Lorsque les conclusions de ces procédures seront rendues, M. le garde des sceaux Gérald Darmanin en tirera toutes les conséquences et prendra, le cas échéant, les mesures qui s'imposent pour qu'un tel drame ne se reproduise pas.
Mme Valérie Boyer. C'est trop facile !
Mme Patricia Mirallès, ministre déléguée. Je ne peux pas vous répondre autre chose ; vous avez suffisamment d'expérience pour le savoir.
Mme Valérie Boyer. Pourquoi était-il en prison ? Vous pourriez au moins me répondre là-dessus !
Source : senat.fr ↗
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