Suppressions de postes dans l'enseignement public à la rentrée 2025
Posée le 30/01/2025 • Ministère interrogé : Éducation nationale, enseignement supérieur et recherche
Colombe Brossel SER
Sénatrice — Paris
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 19/03/2025
Mme Colombe Brossel. Ma question s'adresse à la ministre de l'éducation nationale.
Jeudi 20 mars, soit dans deux jours, se tiendra la réunion de repli du CDEN (conseil départemental de l'éducation nationale) de l'académie de Paris, la réunion initiale ayant été boycottée par l'ensemble des organisations syndicales, des fédérations de parents d'élèves et des élus, ce qui n'est pas si courant.
Ce boycott est le fruit d'une méthode contestée et de renoncements politiques : ceux du Gouvernement.
En effet, seront proposées 180 fermetures de classes dans le premier et le second degrés, avec pour seule justification la baisse démographique, alors que ladite baisse pourrait être - devrait être ! - un levier formidable pour diminuer enfin le nombre d'enfants par classe, comme cela a d'ailleurs été fait par le Gouvernement dans l'éducation prioritaire.
Vous allez me répondre, monsieur le ministre, par le chiffre magique du nombre moyen d'élèves par classe. Je vous réponds par avance, quant à moi, que nos enfants ne sont pas des moyennes, et vous rappelle que vous avez fait un choix politique, celui de faire peser exclusivement, ou quasi exclusivement, la baisse démographique sur l'enseignement public.
Est également annoncée la fin du régime, certes dérogatoire - mais il l'est depuis quarante-deux ans -, des directeurs d'école parisiens. Ce régime permet, à Paris, une présence des directeurs à temps plein dès lors que l'établissement compte cinq classes. Cette décision a provoqué une colère immense.
Mme la ministre de l'éducation nationale a proposé la mise en place d'un groupe de travail et de concertation sur le sujet ; c'est une bonne nouvelle.
Ma question est simple : le recteur de Paris renoncera-t-il, jeudi, à inscrire au mouvement les 52 premiers postes de directeurs d'école qui pourraient être concernés, actant ainsi le fait que la concertation est engagée et aura lieu, pour le bien de l'ensemble des communautés éducatives parisiennes ?
M. le président. La parole est à M. le ministre.
M. Philippe Baptiste, ministre auprès de la ministre d'État, ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, chargé de l'enseignement supérieur et de la recherche. Madame la sénatrice Brossel, je vous demande tout d'abord d'excuser l'absence de Mme la ministre d'État Élisabeth Borne, qui m'a chargé de vous répondre.
Nous observons une année de plus, en France, donc dans nos classes, la poursuite d'une baisse démographique significative et durable.
À la rentrée 2024, cette baisse était de près de 75 000 élèves dans le premier degré, dont 3 200 à Paris.
Malgré cette baisse, nous avons fait le choix de conserver les 4 000 postes qui devaient être supprimés - vous le savez.
Vous mentionnez le consensus scientifique selon lequel la taille des classes influe significativement sur la réussite des élèves, notamment les plus fragiles. Non seulement nous partageons ce constat, mais nous agissons en conséquence.
En 2017, le taux d'encadrement moyen - vous me pardonnerez d'évoquer des moyennes - était de 5 professeurs pour 100 élèves. À la rentrée 2024, il était de 6 professeurs pour 100 élèves : l'augmentation est tout de même très significative.
Cette hausse du taux d'encadrement se poursuivra à la rentrée prochaine, puisque le nombre moyen d'élèves par classe atteindra un niveau historiquement bas : 21 élèves par classe.
À Paris particulièrement, le taux d'encadrement est favorable : 20 élèves par classe en moyenne, soit le deuxième meilleur taux de France métropolitaine, après la Corse.
Au regard de la baisse prévue, 160 classes peuvent être fermées sans impact sur le taux d'encadrement.
Les retraits d'emplois des rentrées 2023 et 2024 n'ont d'ailleurs pas dégradé le taux d'encadrement, compte tenu de la baisse démographique constatée.
Cette évolution nous permet de répondre aux priorités d'une école qui agit pour la réduction de toutes les inégalités, sociales comme territoriales.
J'ajoute qu'à la rentrée prochaine nous ouvrirons de nouvelles Ulis (unités localisées pour l'inclusion scolaire) et densifierons le réseau des pôles d'appui à la scolarité, sans oublier - c'est en ce domaine que le renforcement sera le plus significatif - les moyens particuliers alloués aux quartiers prioritaires de la politique de la ville.
M. le président. La parole est à Mme Colombe Brossel, pour la réplique.
Mme Colombe Brossel. Je vous remercie de cette réponse, monsieur le ministre, mais, dans les faits, ce que vous dites est démenti : il y aura bien des fermetures de classes, et en nombre, dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville, et il y aura bien des hausses du nombre d'élèves dans les classes, y compris dans des établissements de ces mêmes quartiers.
Ne restez pas sourd à la colère unanime de la communauté éducative parisienne !
Source : senat.fr ↗
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