Reconnaissance officielle de la musicothérapie en tant que discipline médicale
Posée le 27/02/2025 • Ministère interrogé : Santé et accès aux soins
Jean-Raymond Hugonet Les Républicains
Sénateur — Essonne
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 19/03/2025
M. Jean-Raymond Hugonet. La musique adoucit les moeurs, dit-on, mais on pourrait aisément convenir qu'elle apaise également les corps et les âmes.
Au travers de la musicothérapie, de nombreux patients présentant des troubles psychiques ou neurologiques sont régulièrement soignés, grâce à la pratique ou à l'écoute de la musique. Dans un cadre approprié, cette thérapie, qui s'appuie sur les effets psychoaffectifs et psychophysiologiques de la musique, permet d'atténuer les conséquences de certaines pathologies, telles que la maladie d'Alzheimer ou la maladie de Parkinson.
À ce jour, l'Europe compte onze pays où la musicothérapie est reconnue et réglementée, dont le Royaume-Uni et l'Allemagne. La France n'a malheureusement pas encore passé ce cap, alors même que cette pratique est déjà intégrée à de nombreuses structures médicales ou médico-sociales de notre pays.
L'absence d'une réglementation et d'une organisation claire empêche la rationalisation de la profession. En reconnaissant cette pratique médicale, l'État favoriserait une meilleure formation des professionnels ainsi qu'un accès plus équitable des patients à ce type de soin.
Alors que le nombre des maladies psychiques croît en France, qu'entendez-vous mettre en oeuvre, madame la ministre, pour que la musicothérapie soit reconnue comme discipline médicale, permettant ainsi de structurer une profession qui ne demande qu'à l'être ?
M. le président. La parole est à Mme la ministre déléguée.
Mme Charlotte Parmentier-Lecocq, ministre déléguée auprès de la ministre du travail, de la santé, de la solidarité et des familles, chargée de l'autonomie et du handicap. Monsieur le sénateur, les bénéfices de la musique sur le bien-être du patient et du résident sont certains, notamment en cas de maladie neurodégénérative.
Le recours à la musique est une pratique déjà utilisée dans de nombreux hôpitaux et Ehpad. La réglementation actuelle n'empêche en rien son utilisation pour apporter un meilleur confort au patient. Il n'y a pas non plus de réel obstacle financier à l'écoute de musique.
Vous souhaitez savoir s'il est possible de reconnaître cette pratique comme discipline médicale. À ce jour, cela n'est pas envisagé. D'abord, il n'est pas démontré que cela nécessiterait des compétences uniquement médicales ; des professions paramédicales ont ainsi déjà recours à l'emploi de musique et se forment en conséquence pour accompagner la prise en charge de patients. Ensuite, la France est confrontée à une situation de faible démographie médicale. La fin du numerus clausus, que le ministre de la santé appelle de ses voeux, le renforcement des capacités de formation des médecins, le retour des étudiants français en médecine partis vers d'autres pays de l'Union européenne et la simplification des voies d'accès pour les praticiens à diplôme hors Union européenne (Padhue) nous permettront de retrouver une plus forte densité médicale au cours des prochaines années.
En attendant, il est nécessaire de consacrer le temps médical disponible aux expertises dans lesquelles la plus-value médicale est incontournable, afin de garantir la continuité de l'accès aux soins des patients et des résidents, en priorité pour ceux qui résident dans un désert médical.
M. le président. La parole est à M. Jean-Raymond Hugonet, pour la réplique.
M. Jean-Raymond Hugonet. Je vous remercie de votre réponse, madame la ministre, mais elle me désole quelque peu. Dès que l'on parle de thérapies un peu spéciales - j'avais également abordé la question du sport à ce sujet -, on nous répète les mêmes arguments, qui ne sont absolument pas convaincants. D'ailleurs, nous sommes à la remorque de l'Europe ; même si nous sommes un pays ancien, aux traditions fortes, il conviendrait d'ouvrir nos yeux et nos oreilles à ce qui se fait ailleurs en Europe, notamment au Royaume-Uni et en Allemagne.
Pour ma part, je préconiserais la musicothérapie aux membres du Gouvernement, voire aux sénateurs ; cela ferait beaucoup de bien... (Sourires.)
Source : senat.fr ↗
Autres questions de Jean-Raymond Hugonet
Taux de TVA applicable aux spectacles vivants
Question orale sans débat • 02/07/2026
Mise en oeuvre du plan « New Deal mobile » et blocages administratifs liés aux avis des architectes des bâtiments de France
Question orale sans débat • 28/05/2026
Phénomènes croissants de concentration économique dans le secteur du spectacle vivant
Question orale sans débat • 21/05/2026
Menaces sur la pérennité des écoles de musique et des associations culturelles territoriales face à l'accumulation de nouvelles charges financières
Question orale sans débat • 07/05/2026