Situation en Ukraine
Posée le 06/03/2025 • Ministère interrogé : Europe et affaires étrangères
Pascal Savoldelli CRCE-K
Sénateur — Val-de-Marne
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 06/03/2025
M. Jean-Noël Barrot, ministre de l'Europe et des affaires étrangères. Monsieur le sénateur, l'escalade, ce n'est pas celle des Européens ou des Ukrainiens. L'escalade, c'est celle de la Russie ! (Bravo ! et applaudissements sur l'ensemble des travées, à l'exception de celles du groupe CRCE-K.)
N'ayons aucune indulgence vis-à-vis de Vladimir Poutine, aucune : assassinat d'opposants politiques, déportation des enfants ukrainiens, crimes de guerre, asphyxie de sa propre économie et de son propre peuple,...
Mme Cécile Cukierman. Vous avez trente ans de retard !
M. Jean-Noël Barrot, ministre. ... pilonnage des pays européens de désinformation. (Vives protestations sur les travées du groupe CRCE-K.)
Monsieur Savoldelli, est-ce que les Européens déportent les enfants de la Russie ? Est-ce que les Européens provoquent constamment, par une rhétorique nucléaire, la Russie de Vladimir Poutine ? (Nouvelles protestations sur les mêmes travées.)
L'agresseur dans cette affaire, c'est la Russie de Vladimir Poutine. Il n'y en a pas d'autre !
Mme Cécile Cukierman. Est-ce qu'on a dit le contraire ? (Huées sur les travées du groupe Les Républicains.)
M. Jean-Noël Barrot, ministre. Le Premier ministre vient de le dire : la préférence européenne est une priorité française.
Certains pays européens ont mis du temps avant de se rallier à cette idée-là, mais tous ont pris pleinement conscience que les dépendances que nous avons accumulées vis-à-vis des États-Unis, que ce soit dans le domaine de l'armement comme dans d'autres secteurs, sont tout à fait inacceptables et compromettent notre indépendance.
Les 800 milliards d'euros de Mme von der Leyen, nous comptons bien en faire une opportunité historique du développement d'une base industrielle de défense européenne, de manière à être forts et indépendants.
Il faut que, dans le monde qui vient, nous puissions défendre nos intérêts et notre vision du monde, laquelle, contrairement à celle de Vladimir Poutine, repose sur le droit international et la justice. Nous ne parviendrons à imposer nos intérêts et notre vision du monde qu'en étant plus forts et plus indépendants.
Quant à la sortie de l'Otan, ce n'est ni notre politique ni notre objectif.
M. Pascal Savoldelli. Voilà !
Mme Silvana Silvani. Au moins, c'est clair !
M. Jean-Noël Barrot, ministre. Notre objectif, c'est de nous emparer de l'Otan et, au moment où les États-Unis s'en désengagent, d'y développer nos capacités, notre stratégie et notre vision pour, en Européens, assurer notre propre sécurité. (Bravo ! et applaudissements sur l'ensemble des travées, à l'exception de celles du groupe CRCE-K.)
M. le président. La parole est à M. Pascal Savoldelli, pour la réplique.
M. Pascal Savoldelli. Monsieur le ministre, votre réponse m'étonne.
M. Christian Cambon. Nous, c'est votre question !
M. Pascal Savoldelli. Elle est à la limite un peu haineuse et fausse. J'ai parlé de « l'odieuse agression de Poutine ». Je le redis ici : odieuse agression de Poutine. (Applaudissements sur les travées du groupe CRCE-K.)
Je vous prie de m'excuser, si je n'avance pas, comme je l'ai entendu hier, d'éléments technocratiques, alors qu'il y a des dizaines et des dizaines de milliers de morts en Ukraine. Donc, stop !
Il faut faire de la politique et assumer le débat démocratique. Que se passe-t-il aujourd'hui ? Les marchés applaudissent. Les profits s'envolent. Les commandes d'armes sont assurées par l'endettement public.
Les Français ne veulent pas de la guerre.
Mme Cathy Apourceau-Poly. Exactement !
M. Emmanuel Capus. Personne ne veut de la guerre !
M. Pascal Savoldelli. Regardez la situation dans laquelle nous sommes !
Trump met 500 milliards de dollars de terres rares comme contrepartie à une éventuelle trêve. Et on s'alignerait sur une telle position ?
Il faut sortir du duo Trump-Poutine ! Les Ukrainiens n'auront ni la paix ni la souveraineté et notre sécurité ne sera pas plus garantie.
Le monde a changé, il est multipolaire. Il faut être aux côtés des Ukrainiens et des Européens pour de vraies négociations de paix dans un cadre multilatéral.
M. le président. C'est terminé !
M. Pascal Savoldelli. Pour notre part, nous proposons une conférence de paix, pas le bruit des armes ! (Applaudissements sur les travées du groupe CRCE-K. - Protestations sur les travées des groupes Les Républicains et UC.)
Source : senat.fr ↗
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