Inadéquation de l'étiquetage nutritionnel aux produits traditionnels tels que le fromage au lait cru
Posée le 06/03/2025 • Ministère interrogé : Agriculture et souveraineté alimentaire
Jean-Claude Anglars Les Républicains
Sénateur — Aveyron
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 06/03/2025
Mme Annie Genevard, ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire. Monsieur le sénateur Anglars, lorsque le Nutri-score a été mis en place, on pensait que toute l'Europe allait s'en emparer. En réalité, ce système a eu un faible succès ; aujourd'hui, sept pays de l'Union européenne seulement l'ont adopté.
Avec la filière roquefort, vous avez été le premier - je vous en félicite - à soulever les problèmes que posait un tel étiquetage.
Certes, l'intention était louable. Il est bon de communiquer la qualité nutritionnelle des produits aux consommateurs.
Mais le problème pour le roquefort chez vous, comme pour le comté chez moi, ou pour toutes les magnifiques salaisons françaises, c'est que le classement de ces produits remarquables était très mauvais. Ils étaient jugés tantôt trop gras, tantôt trop sucrés.
Mme Raymonde Poncet Monge. C'est la réalité !
Mme Annie Genevard, ministre. Nous voyons donc que le Nutri-score pose un certain nombre de difficultés à des filières d'une très grande qualité. À tel point que, consciente des difficultés créées par un tel étiquetage, la France a - vous l'avez rappelé - voté non à la proposition de la Commission européenne de le rendre obligatoire.
En 2023, l'algorithme a été revu. Nous aurions pu espérer que les désagréments et les effets de bord négatifs seraient corrigés. Cela n'a pas du tout été le cas ! Au contraire, il y a même eu une aggravation. Ainsi, le lait a été classé non plus comme aliment, mais comme boisson ! De mon point de vue, c'est proprement scandaleux. Cela le prive automatiquement de la note A, qu'il obtenait généralement.
Il y a donc un vrai sujet. D'un côté, les politiques encouragent à la consommation de produits laitiers : deux par jour pour les adultes, et trois à quatre par jour pour les enfants. De l'autre, on désincite les consommateurs, puisque le lait est mal classé au Nutri-score. C'est tout de même problématique.
Nous sommes, je le rappelle, dans la semaine de la lutte contre l'obésité...
M. le président. Il faut conclure !
Mme Annie Genevard, ministre. La décision a été prise voilà plus d'un an. L'arrêté est à ma signature. Je ne l'ai pas encore signé. Je ne sais pas quelles sont mes marges de manoeuvre pour corriger les effets négatifs, mais croyez bien que je m'y intéresse de très près.
Cela étant, les consommateurs apprécient le Nutri-score. Il faut aussi en tenir compte. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains et sur des travées du groupe RDPI.)
M. Bernard Jomier. Tout de même !
Source : senat.fr ↗
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