La question
Mme Sylvie Robert appelle l'attention de M. le ministre d'État, garde des sceaux, ministre de la justice sur la situation de l'établissement pénitentiaire de Vezin-le-Coquet.
Ce dernier a récemment été qualifié de "site sécuritaire", à l'instar d'autres établissements comme ceux de Nantes, Le Mans et Le Havre. Il accueille de plus en plus de détenus liés au crime organisé et des individus radicalisés, et comporte actuellement 841 détenus pour 683 places, soit une surpopulation qui pose des problèmes considérables en matière de sécurité et de gestion.
En dépit des efforts des équipes, la prison fait face à d'importants défis : déficit de 40 postes d'agents et de 10 postes d'officiers, besoin de filets de protection entre les deux maisons d'arrêt pour éviter les projections, lesquelles ont été dénombrées à plus de 600 depuis le début de l'année, renouvellement des caméras de surveillance aujourd'hui obsolètes, rendant ainsi difficile l'identification des individus en cas d'incidents. Tous ces manques nuisent à la sécurité de l'établissement, à la protection des agents et à la bonne gestion de la population carcérale.
C'est pourquoi, elle lui demande si le Gouvernement envisage d'accroître les moyens alloués aux sites sécuritaires, en particulier à celui de Vezin-le-Coquet, afin que les équipes puissent faire face aux situations nouvelles, liées notamment au narcotrafic.
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 25/06/2026
Le ministère de la Justice poursuit son engagement afin d'améliorer les conditions de travail des personnels pénitentiaires, ainsi que les conditions de détention des personnes détenues. Au 1er mars 2026, le centre pénitentiaire (CP) de Rennes-Vezin connait un taux d'occupation de 146,9 %. Cette situation de surpopulation est particulièrement importante au sein du quartier maison d'arrêt (QMA), dont le taux d'occupation s'élève à 169,8 % soit 819 personnes détenues pour 477 places opérationnelles. Particulièrement vigilante à la régulation des effectifs des établissements les plus suroccupés, la direction générale de l'administration pénitentiaire (DGAP) applique une politique volontariste d'orientation des personnes détenues, y compris à faible reliquat de peine, vers les établissements pour peine de la direction interrégionale des services pénitentiaires (DISP) de Rennes. Cette politique produit des résultats significatifs puisqu'au 1er mars 2026, le taux d'occupation des quartiers centre de détention (QCD) et des centres de détention de la DISP de Rennes s'élevait à 96,3 %, alors qu'au 1er octobre 2020 il était de 84,6 %. En parallèle, l'administration pénitentiaire s'efforce de redistribuer au mieux les ressources en effectif. Au 31 mars 2026, le taux de couverture du CP de Rennes-Vezin s'élevait à 88,8 %, soit un manque de 41 équivalents temps plein sur les 367 inscrits à l'organigramme de référence. Pour pallier ce manque d'effectifs, trois postes de surveillants et quatre postes de brigadiers-chefs et majors ont été ouverts à la mobilité, pour une prise de poste le 1er juillet 2026. Sept postes d'officiers ont également été proposés, pour une prise de poste au 1er septembre prochain. Par ailleurs, dans le cadre du plan étanchéité annoncé le 21 novembre 2025, l'établissement de Rennes-Vezin a été choisi pour bénéficier de ce projet de sécurité massif doté d'un budget global de 29 millions d'euros. En outre, une étude est en cours sur la faisabilité de couverture des cours de promenade et du terrain de sport. A cela s'ajoutent l'installation d'un portique à ondes millimétriques dans le hall de la porte d'entrée principale, l'ajout de caméras de vidéosurveillance et le remplacement de portiques de détection, en plus de l'ajout de trois autres appareils permettant d'offrir une meilleure détection et discrimination des objets métalliques indépendamment de la vitesse de passage des personnes. De plus, quatre nouveaux scanners de bagages à rayon X dans les bâtiments de détention seront installés pour faciliter le travail de fouille des agents. Afin de limiter l'intrusion et la circulation d'objets illicites en détention, le CP de Rennes-Vezin est également doté depuis plusieurs années d'un dispositif de détection, caractérisation et neutralisation des drones (DCND). Depuis le 1er janvier 2026, neuf détections de menaces ont été recensées, avec une activation systématique du brouillage anti-drone. Enfin, les travaux d'extension du filet antiprojection débuteront en octobre 2026. Ils comprendront l'extension des filets sur les parties du QCD et des QMA pour hommes n° 1 et n° 2, ainsi que l'installation d'un filet séparatif de la zone neutre entre ces deux derniers quartiers.