Situation particulière des assistants familiaux recrutés par les départements
Posée le 27/03/2025 • Ministère interrogé : Travail, santé, solidarités et familles
Laurence Muller-Bronn Les Républicains
Sénatrice — Bas-Rhin
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 09/04/2025
Mme Laurence Muller-Bronn. Madame la ministre, ma question concerne la situation des assistants familiaux employés par les départements et qui demandent la rupture de leur contrat de travail.
De plus en plus d'assistants familiaux sollicitent le retrait de leur agrément par les services du département, dans la perspective de rompre leurs contrats de travail, afin de pouvoir bénéficier d'indemnités de licenciement et des allocations d'assurance chômage.
Dans les faits, le retrait de l'agrément constitue aujourd'hui le seul moyen de rompre lesdits contrats de travail. Certes, il n'ouvre pas droit au versement d'une indemnité de licenciement, mais il permet de percevoir les allocations de retour à l'emploi.
Ce procédé place les départements dans une situation confuse et surtout contraire à leur mission.
Dans un jugement du 6 octobre 2023, le tribunal administratif de Melun a considéré que le courrier envoyé par un assistant familial dans lequel celui-ci ne renonce qu'à son agrément ne peut être considéré comme une lettre de démission.
Toutefois, dès lors que le département fait droit à la demande de l'assistant familial et retire son agrément, ce qu'il n'est pas tenu de faire, il doit procéder, comme employeur, en vertu de l'article L. 423-8 du code de l'action sociale et des familles, au licenciement de l'intéressé. Il s'agit alors d'une rupture du contrat de travail sur l'initiative de l'employeur, qui ouvre droit aux indemnités.
Face aux demandes de plus en plus fréquentes de ce type, les départements ont deux options : soit ils refusent la demande de retrait de l'agrément, au risque de mettre en péril l'accueil des mineurs par l'assistant familial forcé de poursuivre son travail ; soit ils procèdent au retrait de l'agrément, ce qui entraîne le licenciement du demandeur.
Or, dans ce cas, les départements employeurs doivent, d'une part, respecter la procédure de licenciement, qui implique la saisine de la commission consultative paritaire et, d'autre part, verser une indemnité de licenciement ainsi que, le cas échéant, des allocations de retour à l'emploi.
Ainsi, en l'état actuel des textes et de la jurisprudence, un assistant familial souhaitant démissionner peut demander le retrait de son agrément pour bénéficier ensuite de l'ensemble des droits liés au licenciement.
M. le président. Veuillez conclure, ma chère collègue.
Mme Laurence Muller-Bronn. Madame la ministre, quelles décisions envisagez-vous de prendre pour clarifier cette situation ?
M. le président. La parole est à Mme la ministre.
Mme Astrid Panosyan-Bouvet, ministre auprès de la ministre du travail, de la santé, de la solidarité et des familles, chargée du travail et de l'emploi. Madame la sénatrice Muller-Bronn, l'agrément d'un assistant familial peut être retiré si les conditions de son octroi cessent d'être remplies. Ces conditions sont les suivantes : présenter les garanties nécessaires pour accueillir des mineurs dans des conditions propres à assurer leur développement physique, intellectuel et affectif ; passer un examen médical ayant pour objet de vérifier que son état de santé lui permet d'accueillir habituellement des mineurs ; disposer d'un logement.
Si ces conditions ne sont plus remplies, le président du conseil départemental peut procéder au retrait de l'agrément après avis de la commission consultative. Cette décision doit être motivée et collégiale, et elle est susceptible de recours. L'assistant familial qui fait l'objet d'un retrait d'agrément ne peut plus exercer sa profession et ses employeurs doivent alors le licencier.
Le souhait d'un assistant familial de se voir retirer son agrément ne constitue pas un motif légitime de retrait d'agrément. L'assistant familial ne peut être à l'initiative d'un retrait d'agrément, et il ne peut être mis fin au contrat que par rupture conventionnelle ou par démission.
Madame la sénatrice, le Gouvernement est conscient des difficultés que les départements rencontrent dans ces situations. Cette question sera soulevée dans le cadre de travaux à venir sur les assistants familiaux, afin d'envisager une évolution de la réglementation. En effet, le Gouvernement envisage de lancer, au cours du semestre en cours, une concertation avec les départements et les associations professionnelles, afin d'identifier des réponses concrètes et opérationnelles aux besoins des assistants familiaux.
Source : senat.fr ↗
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