Réponses française et européenne aux droits de douane américains
Posée le 10/04/2025 • Ministère interrogé : Premier ministre
Christian Redon-Sarrazy SER
Sénateur — Haute-Vienne
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 10/04/2025
M. Jean-Noël Barrot, ministre de l'Europe et des affaires étrangères. Monsieur le sénateur, vous l'avez entendu tout à l'heure de la bouche du ministre de l'économie et des finances, nous allons évidemment veiller à ce que les décisions qui ont été prises et dont nous considérons qu'elles vont appauvrir les États-Unis, leurs classes moyennes, leurs entreprises, ainsi que leurs partenaires, au premier rang desquels l'Europe, puissent être revues, sans quoi nous n'aurions d'autre choix que de riposter en mobilisant l'ensemble des instruments qui sont à notre disposition.
Je pense naturellement aux droits de douane, tels que ceux qui ont été adoptés ce matin au niveau européen - un taux de 25 % sur l'équivalent de 22 milliards d'euros d'exportations américaines vers l'Europe -, mais aussi à des mesures non tarifaires. Vous avez cité les services ; or la Commission européenne dispose, depuis 2023, d'instruments qui permettent, lorsque les intérêts européens sont en jeu, de s'en prendre, si je puis dire, ou, en tout cas, de restreindre l'accès de certaines sociétés extra-européennes aux marchés publics et l'accès de certains services au marché unique européen.
Mais vous avez raison de rappeler que nous ne devons pas nous contenter de répondre à l'administration américaine. Nous devons nous poser des questions sur nous-mêmes. Nous nous apercevrons alors que le marché unique n'a sans doute jamais été aussi important pour permettre à nos entreprises de se diversifier.
Les barrières qui se dressent entre les pays de l'Union européenne représenteraient des droits de douane d'environ 45 %. Si nous levons ces barrières, si nous approfondissons le marché unique, nous compenserons une partie de l'impact des droits de douane extravagants instaurés par l'administration Trump.
Puisque, comme vous l'avez dit, nous entrons dans une période de guerre commerciale, nous devons nous y préparer en gagnant en compétitivité et en retirant la chape de plomb qui empêche les entreprises françaises de livrer bataille à armes égales avec leurs concurrents étrangers sur les marchés internationaux.
À cet égard, les annonces faites par la Commission européenne ces derniers mois vont dans le bon sens. Désormais, il convient d'accélérer pour être en mesure non pas seulement de défendre nos intérêts, mais aussi, dans cette période de tension commerciale, de gagner des parts de marché. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
M. le président. La parole est à M. Christian Redon-Sarrazy, pour la réplique.
M. Christian Redon-Sarrazy. Monsieur le ministre, que cela soit dit, les Français n'ont pas à assumer les conséquences budgétaires du diktat américain, alors même que nos grands groupes veulent continuer, au mépris de tout patriotisme économique, d'investir aux États-Unis pour contourner les droits de douane ! Ce faisant, ils refusent explicitement de soutenir notre économie et font preuve d'une indifférence totale aux inquiétudes des Français face à la crise qui s'annonce.
Nous attendons du Gouvernement qu'il prenne les mesures nécessaires pour éviter l'effondrement de certaines filières et faire en sorte que le pouvoir d'achat des Français ne soit pas une nouvelle fois amputé par des hausses de prix. (Applaudissements sur les travées du groupe SER, ainsi que sur des travées du groupe GEST. - M. Fabien Gay applaudit également.)
Source : senat.fr ↗
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