Prolifération des commerces de blanchiment d'argent à Paris
Posée le 03/04/2025 • Ministère interrogé : Intérieur
Agnès Evren Les Républicains
Sénatrice — Paris
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 09/04/2025
Mme Agnès Evren. Monsieur le ministre, à Paris, les riverains, les collectifs et les associations sont excédés par la prolifération d'ongleries, de barber shops ou encore d'épiceries de nuit qui ne sont en rien des petits commerces de proximité. Ces établissements, particulièrement concentrés dans le nord-est de la ville, sont bien souvent les vitrines d'un système de blanchiment d'argent, au service du crime organisé.
Ils alimentent l'insécurité, entraînent des nuisances permanentes et fragilisent notre tissu économique local en instaurant une concurrence déloyale avec le commerce traditionnel.
Pourtant, que fait la maire de Paris ? Rien ! Pis, elle ferme les yeux. Par dogmatisme ou par lâcheté, Mme Hidalgo refuse d'agir. Elle laisse les réseaux criminels s'installer, prospérer, s'enraciner dans nos quartiers.
La proposition de loi visant à sortir la France du piège du narcotrafic prévoit notamment la possibilité, pour un maire, de demander la fermeture administrative d'un commerce suspecté de blanchiment. Mais encore faut-il que les maires se saisissent de cette faculté...
Au-delà de la proposition de loi, le Gouvernement entend-il - enfin ! - donner des moyens aux élus locaux qui sont prêts à agir, là où d'autres abandonnent sciemment leurs quartiers à la loi du plus fort ?
M. le président. La parole est à M. le ministre délégué.
M. Thani Mohamed Soilihi, ministre délégué auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères, chargé de la francophonie et des partenariats internationaux. Madame la sénatrice, le blanchiment d'argent est un pan du narcotrafic, contre lequel le ministre de l'intérieur est, vous le savez, pleinement mobilisé.
La proposition de loi relative au narcotrafic, adoptée à l'unanimité au Sénat et à une large majorité à l'Assemblée nationale, facilitera les fermetures administratives de commerces ayant un lien avec le trafic de stupéfiants.
Le travail mené par la commission d'enquête, créée à la demande du groupe Les Républicains, dont le président était Jérôme Durain et le rapporteur Étienne Blanc, a permis d'aboutir à un texte transpartisan.
La circulaire du ministre de l'intérieur du 12 février dernier relative au dispositif « Villes de sécurité renforcée » met en exergue le rôle des élus locaux, qui sont des partenaires essentiels en matière de sécurité.
Ces élus peuvent mener des actions contre les commerces litigieux grâce à leurs pouvoirs de police et leur droit de préemption commerciale. Ils peuvent également faire des signalements et participer aux conseils locaux de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD) et aux groupes de partenariat opérationnel.
Sur instruction du ministre, le préfet de police de Paris a déjà mis au jour du travail dissimulé, des emplois d'étrangers sans titre et de la fraude fiscale. Il continuera son action pour déposséder les délinquants de leur patrimoine, saisir leurs biens et ceux de leur entourage. Le texte sur le narcotrafic l'y aidera.
Madame la sénatrice, vous pouvez compter sur l'engagement du ministre de l'intérieur et de l'ensemble des forces de l'ordre pour lutter contre le blanchiment et le narcotrafic en général.
Source : senat.fr ↗
Autres questions de Agnès Evren
Violences sexuelles dans le périscolaire
Question au Gouvernement • 28/05/2026
Situation de grande fragilité des librairies indépendantes
Question orale sans débat • 07/05/2026
État de délabrement du Muséum national d'histoire naturelle
Question au Gouvernement • 07/05/2026
Décharge totale du service d'enseignement dont bénéficient les directrices et directeurs des écoles parisiennes
Question écrite • 16/04/2026