Pérennisation des financements des campus connectés
Posée le 24/04/2025 • Ministère interrogé : Éducation nationale, enseignement supérieur et recherche
Nadia Sollogoub UC
Sénatrice — Nièvre
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 03/12/2025
M. le président. La parole est à Mme Nadia Sollogoub, auteur de la question n° 481, adressée à M. le ministre de l'éducation nationale.
Mme Nadia Sollogoub. Monsieur le ministre, je souhaite vous interroger sur l'avenir des campus connectés, dispositif mis en oeuvre à partir de 2019 et financé, pour une période de cinq ans, dans le cadre du programme d'investissements d'avenir (PIA).
Les campus connectés ont été créés pour rapprocher les territoires de l'enseignement supérieur, afin de lutter contre les inégalités d'accès et les freins à la poursuite des études supérieures. Mais, comme vous le savez, on peut toujours aller plus loin.
À Nevers, dans le département où je suis élue, le campus connecté, qui a fêté son cinquième anniversaire l'an passé, connaît des résultats absolument remarquables. Pour l'année 2023-2024, le taux de réussite des étudiants s'étant présentés aux examens a atteint 83 %. Je précise que soixante étudiants étaient accueillis dans le cadre de ce campus connecté au cours de l'année universitaire 2024-2025.
Monsieur le ministre, je souhaite savoir si le Gouvernement entend continuer à accompagner financièrement ce dispositif.
M. le président. La parole est à M. le ministre délégué.
M. Michel Fournier, ministre délégué auprès de la ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation, chargé de la ruralité. Madame la sénatrice, je vous prie tout d'abord de bien vouloir excuser l'absence de M. le ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace, Philippe Baptiste, qui est actuellement retenu en conseil des ministres.
Le Gouvernement est pleinement conscient de la nécessité de lutter contre la précarité étudiante. La preuve en est que le budget en faveur des étudiants a augmenté de 263 millions d'euros depuis 2017.
Grâce à cette hausse des crédits, le montant des bourses a été majoré à la rentrée 2023. Des aides supplémentaires de 20 à 50 euros par mois sont également accordées depuis 2025 aux étudiants qui n'ont pas accès à un restaurant universitaire proche de chez eux.
Les moyens des centres régionaux des oeuvres universitaires et scolaires (Crous) ont progressé de 50 % en six ans. Ils demeurent la colonne vertébrale de nos politiques d'aide aux étudiants, comme le ministre de l'enseignement supérieur l'a rappelé, hier, à l'occasion de la célébration des 70 ans du réseau. Entre 2018 et 2024, 35 000 logements sociaux étudiants sont sortis de terre. Et l'an dernier, plus de 9 000 logements ont été agréés. Chaque préfet a reçu des objectifs territoriaux en la matière.
Il me semble aussi important de mentionner que l'accès à des soins gratuits a progressé grâce aux 9,5 millions d'euros consacrés à la réforme des services de santé étudiante. Le dispositif Santé Psy étudiant, qui est 100 % gratuit et accessible sans avance de frais, est également essentiel : plus de 140 000 étudiants en ont bénéficié.
Par ailleurs, comme vous le savez, un projet de réforme des bourses est techniquement prêt : il s'agit de supprimer les effets de seuil et de mieux cibler les étudiants les plus fragiles. Compte tenu de l'état de nos finances publiques, nous n'avons pas pu engager cette réforme en 2026.
Cela ne nous empêchera pas de continuer à oeuvrer en faveur de l'accès aux droits des étudiants. Nous lançons dans ce cadre une expérimentation baptisée « Campus zéro non-recours », qui permettra de renforcer la mobilisation de l'ensemble des acteurs concernés dans huit établissements pilotes.
M. le président. La parole est à Mme Nadia Sollogoub, pour la réplique.
Mme Nadia Sollogoub. Je vous remercie, monsieur le ministre. À vrai dire, ma question portait spécifiquement sur le dispositif des campus connectés... J'espère tout de même que le Gouvernement continuera de soutenir ce dispositif et ira même encore plus loin.
Je suis d'ailleurs ravie que ce soit vous, monsieur le ministre chargé de la ruralité, qui me répondiez, parce que, dans nos territoires, les jeunes ont tendance à se sous-estimer et ont du mal à faire sauter le plafond de verre qui les empêche d'entreprendre des études supérieures.
Il faudrait donc aller plus loin. À Nevers, je le redis, le campus connecté fonctionne formidablement. Malgré tout, seulement 3 000 formations sont proposées dans les campus connectés, contre 23 000 disponibles sur Parcoursup.
Nous devons passer à la vitesse supérieure. Pourquoi ne pas intégrer le réseau des instituts d'études politiques (IEP) à ce dispositif de formations dispensées en distanciel ? À Nevers, nous sommes parvenus à le faire pour les études de médecine ; alors, pour Sciences Po, cela devrait être possible !
Source : senat.fr ↗
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