Visite du président syrien
Posée le 08/05/2025 • Ministère interrogé : Europe et affaires étrangères
Loïc Hervé UC
Sénateur — Haute-Savoie
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 08/05/2025
M. Benjamin Haddad, ministre délégué auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères, chargé de l'Europe. Monsieur le sénateur Loïc Hervé, je vous remercie de votre question. Sur ce sujet, je puis vous assurer que nous défendons nos intérêts et la sécurité des Français avec la plus grande lucidité.
Engager un dialogue, parler, faire de la diplomatie, c'est non pas donner un chèque en blanc, mais juger sur les actes et pouvoir dresser la liste de nos demandes et de nos exigences.
Il y a quelques mois déjà, lors de la visite à Damas de Jean-Noël Barrot, ministre des affaires étrangères, nous avons engagé un dialogue avec les autorités de transition en Syrie et formulé certaines demandes.
Nous leur avons ainsi demandé de lutter contre la dissémination des armes chimiques sur le terrain en Syrie. Cela a été partiellement fait. Nous leur avons demandé d'engager un dialogue avec nos alliés indéfectibles dans la lutte contre le terrorisme que sont les Kurdes. Cela a été fait. Enfin, nous avons demandé que leur gouvernement s'ouvre davantage aux forces politiques et sociales qui composent la Syrie, pour devenir plus représentatif. Là aussi, l'engagement pris a été tenu.
Aujourd'hui, si le Président de la République choisit d'inviter le président de l'Autorité de transition syrienne, Ahmed al-Charaa, c'est pour aller plus loin.
Comme vous l'avez rappelé, monsieur le sénateur, il est essentiel que les responsables des massacres inacceptables qui ont été perpétrés sur la côte occidentale de la Syrie, notamment contre les communautés alaouites et druzes, soient identifiés et traduits devant la justice.
C'est aussi pour renforcer notre coopération contre Daech que ce dialogue est engagé. Depuis dix ans, la France est présente dans cette lutte, et c'est un enjeu vital pour notre sécurité. Car si la Syrie venait à s'effondrer, un tapis rouge serait déroulé, nous le savons, au retour de Daech.
Notre seule boussole, dans cette démarche, ce sont les intérêts de la France. C'est la responsabilité historique de la France que d'être présente en Syrie et d'avoir un dialogue avec les autorités syriennes. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
M. le président. La parole est à M. Loïc Hervé, pour la réplique.
M. Loïc Hervé. Monsieur le ministre, avec plusieurs de mes collègues sénateurs, je reviens tout juste d'un déplacement en Jordanie et au Liban. Les attentes à l'égard de la France y sont très importantes, et elles sont formulées très clairement, notamment en ce qui concerne la protection des minorités, c'est-à-dire soyons clairs des chrétiens, des alaouites, des druzes, des yézidis, etc.
C'est un élément fondamental, qui doit être appelé aujourd'hui au président syrien. (Applaudissements sur les travées des groupes UC et Les Républicains, ainsi que sur des travées des groupes SER et CRCE-K.)
Source : senat.fr ↗
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