Agression d'un élu en Gironde
Posée le 08/05/2025 • Ministère interrogé : Intérieur
Florence Lassarade Les Républicains
Sénatrice — Gironde
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 08/05/2025
M. François-Noël Buffet, ministre auprès du ministre d'État, ministre de l'intérieur. Madame la sénatrice Lassarade, vous avez cité le conseiller municipal Anthony Rolland, mais je souhaite également rappeler que Philippe Buisson, maire de Libourne, a été lui aussi victime d'une agression très récemment.
En moyenne, 2 000 plaintes ou signalements d'élus pour violences sont recensés chaque année, et leur nombre est malheureusement en augmentation. S'agissant de l'agression de M. Anthony Rolland, quatre individus ont été identifiés, dont deux mineurs ; deux d'entre eux sont actuellement en garde à vue. Pour ce qui concerne M. Philippe Buisson, le maire de Libourne, je tiens à souligner la gravité des faits : l'auteur présumé a menacé de « mettre une balle dans la tête du maire »... Il a été interpellé et des perquisitions sont en cours.
Concernant le phénomène des rodéos urbains, qui est en lien avec l'agression de M. Rolland, 4 295 opérations de lutte ont été menées depuis le début de l'année, soit une hausse de 12 %.
Pour répondre à votre question précise, des avancées ont déjà été engagées. La création en 2023 du Centre d'analyse et de lutte contre les atteintes aux élus (Calaé) a permis la mise en oeuvre de plusieurs mesures supplémentaires. En 2024, un texte visant à protéger les élus vous avez eu la gentillesse de rappeler que j'en étais l'auteur est venu renforcer ce dispositif.
Toutefois, ce n'est pas tout. Un travail est en cours sur un texte relatif au statut de l'élu, qui sera prochainement débattu au Parlement. Celui-ci viendra compléter les protections existantes, notamment pour les élus locaux, et répondre à vos préoccupations.
Enfin, je tiens à mentionner la stratégie nationale de prévention de la délinquance, qui sera prochainement publiée. Elle vise à répondre à une donnée préoccupante : 51 % des auteurs de violences sont aujourd'hui des mineurs. Cette stratégie est élaborée en lien avec la politique de continuité de sécurité que je mène avec le ministre d'État.
M. le président. Il faut conclure, monsieur le ministre.
M. François-Noël Buffet, ministre. Notre objectif est d'intervenir au plus tôt, afin de mieux identifier les profils à risque et de les réorienter. (Applaudissements sur des travées du groupe Les Républicains.)
M. le président. La parole est à Mme Florence Lassarade, pour la réplique.
Mme Florence Lassarade. Je vous remercie de votre réponse, monsieur le ministre. Le sujet, c'est l'autorité. Les jeunes mineurs cherchent, par la provocation, à voir celle-ci émerger. Il faut en tenir compte. Et les élus, surtout, doivent comprendre qu'ils ne doivent pas se rendre seuls sur ce type de terrain, car cela aggrave le risque : ils doivent y aller à plusieurs.
Source : senat.fr ↗
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