Question écrite ✓ Répondue le 25/06/2026 #10#5#

Suite de la conférence de financement des territoires et contributions des collectivités territoriales au redressement des finances publiques

Posée le 15/05/2025 • Ministère interrogé : Économie, finances, souveraineté industrielle et numérique

Jean-Claude Anglars

Jean-Claude Anglars Les Républicains

Sénateur — Aveyron

La question

M. Jean-Claude Anglars interroge M. le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique sur les orientations envisagées par le Gouvernement concernant l'évolution des finances locales, en particulier pour les communes et les départements. Lors de la conférence de financement des territoires, organisée le 6 mai 2025, le Gouvernement a rappelé la nécessité pour l'ensemble des administrations publiques de contribuer au redressement des finances publiques, dans le cadre de l'objectif affiché de réduction du déficit public à moins de 3 % du PIB à l'horizon 2029. Dans ce contexte, les collectivités locales qui représentent environ 18 % de la dépense publique sont appelées à participer à cet effort collectif. Or, les communes et les départements font déjà face à une forte contrainte financière. Leurs marges de manoeuvre budgétaires ont été réduites par la suppression de la taxe d'habitation, la stagnation des dotations d'État et le transfert de nouvelles charges, notamment sociales. Selon les données les plus récentes, l'épargne nette des départements aurait chuté de près de 80 % en deux ans, tandis que certaines communes rurales peinent à maintenir leur capacité d'investissement. Le Conseil constitutionnel a récemment rappelé dans sa décision n° 2025-874 DC du 13 février 2025 relative à la loi de finances pour 2025 que la participation des collectivités à l'effort de redressement ne peut excéder 2 % de leurs recettes réelles de fonctionnement, sous peine de contrevenir au principe constitutionnel de libre administration. Or, certains scénarios évoqués situent l'effort financier demandé aux collectivités entre 4,5 et 8 milliards d'euros, selon les modalités retenues et l'éventuelle répartition entre les différentes strates. Les élus locaux s'interrogent sur les outils que l'État entend proposer à court et moyen terme. Plusieurs pistes évoquées, comme des accords pluriannuels de stabilité financière ou une révision des modalités de calcul des dotations, ne semblent aujourd'hui qu'à l'état d'ébauche. Il lui demande donc quel est le montant de l'effort financier demandé aux collectivités par le Gouvernement, et quelles sont les modalités envisagées pour associer les collectivités locales à la trajectoire nationale de redressement des finances publiques, dans le respect de leur autonomie financière.

✓ Réponse du gouvernement

Publiée le 25/06/2026

Dans un contexte de maîtrise des finances publiques, l'ensemble des acteurs publics, dont les collectivités territoriales, sont appelés à contribuer à cet effort. Le projet initial prévoyait 5,3 milliards d'euros de contribution des collectivités qui a été ramené à 4,6 milliards d'euros et le Gouvernement a souhaité rechercher un compromis. Celui-ci passe par une contribution nette des collectivités territoriales de 2 milliards d'euros. Ainsi, la loi de finances pour 2026 a réduit l'effort des collectivités qui se concentre essentiellement sur le dispositif de lissage conjoncturel des recettes fiscales des collectivités territoriales (740 Meuros), l'application d'un coefficient de minoration sur le prélèvement sur recettes créé pour compenser la baisse des valeurs locatives des établissements industriels dans la limite du plafond de 2 % des recettes réelles de fonctionnement de chaque collectivité ainsi que la minoration des variables d'ajustement. En outre, la loi de finances sécurise les piliers de la solidarité territoriale : stabilité de la dotation globale de fonctionnement après trois années de hausse pour un montant de 790 Meuros, abondement du fonds de sauvegarde des départements atteignant 600 Meuros, maintien des dotations comme les aménités rurales (110 Meuros) ou encore la dotation d'équipement des territoires ruraux, hausse de la dotation de solidarité pour les évènements climatiques (DSEC) pour atteindre 70 Meuros, renforcement des Maisons France Service pour atteindre 2 900 sites en 2026 puis 3 000 en 2027. Par ailleurs, l'État reversera comme l'engagement a été pris par le Premier ministre au reversement d'un tiers du dispositif de lissage conjoncturel de la contribution réalisée en 2025 à destination des collectivités contributrices et bénéficiaires des fonds de péréquation. Ainsi, le Gouvernement a souhaité cibler et mesuré l'effort des collectivités en maintenant son soutien à l'action locale et la solidarité entre les territoires et en renforçant le dialogue avec les associations d'élus.

Source : senat.fr ↗

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