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Question écrite ✓ Répondue le 03/09/2026 #21#

Augmentation des escroqueries en ligne

Posée le 05/06/2025 · Ministère interrogé : Intelligence artificielle et numérique

Hugues Saury Hugues SauryLes Républicains Sénateur — Loiret

La question

M. Hugues Saury attire l'attention de Mme la ministre déléguée auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargée de l'intelligence artificielle et du numérique sur l'augmentation inquiétante des escroqueries en ligne. Les arnaques, telles que les faux sites commerciaux, les plateformes de phishing (hameçonnage) et les vols de données personnelles connaissent une recrudescence préoccupante ces dernières années. Selon une étude du service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI), le nombre de victimes d'escroqueries est passé de 250 900 en 2016 à 411 700 en 2023, soit une hausse de 64 % en sept ans, avec une progression moyenne de 7,3 % par an. Cette tendance est corroborée par les données de la plateforme Thésée, dédiée aux e-escroqueries, qui a enregistré 50 800 plaintes en 2024. Ces sites frauduleux, souvent sophistiqués, exploitent les failles technologiques et la méconnaissance des internautes, rendant leur identification et leur blocage rapide difficiles. Ils exposent nos concitoyens, et en particulier les personnes vulnérables, à des risques financiers et psychologiques inacceptables. Dans un contexte de numérisation du commerce, mais aussi des démarches administratives, il apparaît urgent de renforcer les dispositifs de lutte contre ces sites frauduleux. Il souhaite ainsi connaître le détail des moyens que le Gouvernement envisage de mettre en oeuvre pour améliorer la détection, le blocage et la suppression de ces plateformes malveillantes. Il s'interroge également sur les dispositifs spécifiques prévus pour sensibiliser les citoyens à ces nouvelles formes de tromperies qui mettent en péril la nécessaire confiance des usagers et consommateurs vis-à-vis des sites privés comme publics.

✓ Réponse du gouvernement

Publiée le 03/09/2026
La police et la gendarmerie nationales s'attachent sans cesse à développer de nouvelles capacités de sensibilisation et de prévention (formation, information, spots publicitaires,…) pour lutter contre le fléau des escroqueries en ligne, Malgré cela, l'hameçonnage reste la menace dominante. L'authentification double-facteur (2FA) reste une solution technique robuste, mais nécessite une meilleure explication auprès du grand public. Le ministère de l'intérieur coordonne sa stratégie en matière de lutte contre la cybercriminalité via le commandement du ministère de l'intérieur dans le cyberespace (Comcyber-MI), tandis que les volets opérationnels sont assurés par l'UNC (gendarmerie) et l'OFAC (police). Le ComCyber-MI coordonne à ce titre les actions de sensibilisation et de prévention et prépare des supports pédagogiques ciblés à l'usage des forces qui en retour rendent compte des actions menées pour le suivi des indicateurs. La gendarmerie déploie des actions de prévention via des infographies, diagnostics gratuits et les brigades numériques (BNum), accessibles 24h/24 et 7j/7, ayant accompagné plus de 1,1 million de personnes depuis 2018. Un réseau de référents cyber assure une présence locale, soutenue par une base de contenus de sensibilisation consolidée. La gendarmerie compte 10 000 cyber-gendarmes, dont 1 000 formés aux enquêtes sous pseudonyme, 325 en technologies numériques et 248 en cryptoactifs. Elle renforce ses capacités avec un nouveau département dédié à la criminalité économique, incluant un groupe de traçage des cryptoactifs. La plateforme Perceval recueille plus de 200 000 signalements annuels de fraudes à la carte. Par ailleurs, la police nationale s'est dotée d'un « plan cyber 2022-2027 » pour renforcer son action de prévention et d'investigation de la cybercriminalité. Elle dispose de plus de 15 000 personnels formés aux investigations numériques, dont 8 000 spécialisés en techniques et plus de 600 enquêteurs en cybercriminalité. La plateforme PHAROS traite plus de 220 000 signalements de contenus illicites par an, Thésée recueille plus de 98 000 plaintes/signalements pour escroqueries en ligne et enfin la plateforme info-escroqueries du ministère (420 000 demandes d'assistance en 2024) est disponible 5 jours sur 7. Via le RECyM (réseau des experts en cyber-menaces), plus de 2 000 entreprises et collectivités ont été sensibilisées depuis 2024. Des outils sont en outre spécifiquement déployés. Ainsi, le GIP ACYMA gère cybermalveillance.gouv.fr, premier point d'information pour les usagers, avec le 17Cyber (outil d'auto-diagnostic lancé en décembre 2024) qui oriente les victimes vers les bons services (Signal Spam, 33 700, etc.). Les forces de sécurité intérieure explorent également l'IA pour améliorer la détection, le blocage et la suppression des plateformes malveillantes, détecter les deepfakes (projet Authentik'IA de la gendarmerie pour lutter contre les deepfakes). Enfin, des coopérations internationales (Lettonie, Suède, Royaume-Uni) permettent d'importer des bonnes pratiques. Toutefois, la complexité des enquêtes, le nombre limité d'enquêteurs qualifiés et l'action transnationale de criminels dans des pays non coopératifs restent des défis majeurs.

Source : senat.fr ↗

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