Question écrite
✓ Répondue le 09/04/2026
#8#
Réduction du Fonds de soutien à l'expression radiophonique
Posée le 23/10/2025 • Ministère interrogé : Culture
Pierre Barros CRCE-K
Sénateur — Val-d'Oise
La question
M. Pierre Barros attire l'attention de Mme la ministre de la culture sur la proposition du Gouvernement de baisser les crédits accordés au titre du Fonds de soutien à l'expression radiophonique (FSER) dans le cadre du projet de loi de finances (PLF) pour 2026. Le FSER serait ainsi diminué de 44 %, passant de 35 millions d'euros en 2025 à 19 millions d'euros en 2026.
Ce fonds, créé en 1982, permet à plus de 770 radios locales de mener à bien leur mission de communication sociale de proximité auprès des territoires. Il permet également « d'assurer la pérennité d'un secteur radiophonique de proximité non concurrentiel, contribuant ainsi au pluralisme, à l'équilibre du paysage radiophonique français et au maintien du lien social », comme le rappelle le rapport d'activité du FSER pour l'année 2023.
Le coup de rabot prévu par le PLF pour 2026 aura de graves conséquences sur les budgets des radios associatives. Très concrètement, plus de la moitié des radios associatives accompagnées sont désormais menacées de disparition. Par ailleurs, 80 % des emplois du secteur pourraient également disparaître. En effet, les radios associatives seront prises en tenaille par une explosion des coûts (énergie, diffusion, loyers, salaires, déploiement du DAB+) et une baisse drastique du FSER.
Dans le département du Val-d'Oise, trois radios sont concernées : R.G.B (Regroupement Ginglet La Boucle) à Cergy, ID FM à Enghien-les-Bains et Alternative FM à Persan. Ces radios locales jouent un rôle majeur dans les territoires, exerçant une véritable mission d'intérêt général. Elles éduquent à l'information, mettent en valeur des personnalités locales, tissent des liens avec les populations, promeuvent la liberté d'expression dans le respect des valeurs de tolérance et assurent une véritable diversité sur leurs antennes, représentative de celle de la population française.
Ce tissu de radios associatives est d'autant plus précieux que nous assistons depuis plusieurs années à une accélération de la concentration des médias sous l'influence de quelques milliardaires. Il est fondamental de préserver un autre modèle. Les économies réalisées sur le FSER participeront à fragiliser la démocratie, à l'heure où la désinformation gagne de plus en plus de terrain. Face à ce danger, il est nécessaire de garantir l'existence des radios associatives, comme espaces d'éducation à l'information et aux médias.
Il souhaite savoir comment le Gouvernement préservera l'existence des radios associatives et demande le retrait de cette mesure injuste.
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 09/04/2026
Présentes sur l'ensemble du territoire dans les zones rurales, insulaires, de montagne, en outre-mer, ainsi que dans les quartiers relevant de la politique de la ville, souvent peu couverts par les grands médias les radios associatives jouent un rôle déterminant dans le pluralisme de l'information. Elles donnent la parole aux habitants, aux associations locales, aux acteurs économiques et culturels, et contribuent de manière essentielle à la diffusion d'une information de proximité, au renforcement du lien social et au dynamisme culturel des territoires. Chaque année, environ 750 radios associatives bénéficient des aides du Fonds de soutien à l'expression radiophonique locale (FSER). Représentant en moyenne 40 % de leurs ressources, ce dispositif constitue donc un pilier indispensable à leur modèle économique. Dans un contexte budgétaire particulièrement contraint, le projet de loi de finances pour 2026 prévoyait une diminution des crédits alloués au FSER. Un amendement parlementaire, adopté avec l avis favorable du Gouvernement, a maintenu les crédits du FSER pour 2026 à hauteur de 16 millions d euros supplémentaires par rapport à la Loi de Finances Initiale. Le maintien de ce dispositif essentiel du ministère de la culture auprès des radios associatives permettra à ces acteurs, dont le fonctionnement repose largement sur l'engagement bénévole, de poursuivre leurs actions, de consolider leurs activités et d'assurer pleinement leur mission de communication sociale de proximité et de valorisation des territoires, notamment les plus isolés.
Source : senat.fr ↗
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