Prise en compte du champ visuel pour l'attribution du forfait cécité dans le cadre de la prestation de compensation du handicap
Posée le 02/10/2025 • Ministère interrogé : Santé et accès aux soins
Monique Lubin SER
Sénatrice — Landes
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 03/12/2025
M. le président. La parole est à Mme Monique Lubin, auteure de la question n° 720, adressée à Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées.
Mme Monique Lubin. Madame la ministre, j'appelle votre attention sur la prise en compte du champ visuel pour l'attribution du forfait cécité dans le cadre de la prestation de compensation du handicap (PCH).
En 2023, j'avais déjà alerté le Gouvernement sur l'inadéquation des critères existants pour l'attribution de ce forfait, la prise en compte du champ visuel en étant exclue.
En l'état actuel du droit, seule la vision centrale est retenue pour l'attribution de cette prestation. Or l'acuité visuelle et le champ visuel sont deux fonctions indispensables dans l'appréciation du déficit visuel, comme le confirment le Syndicat national des ophtalmologistes de France (Snof) et l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
Concernant les critères d'évaluation pour l'attribution du forfait cécité, le ministère a répondu que des critères d'appréciation supplémentaires pouvaient être retenus pour l'éligibilité générale à la PCH.
En outre, il a indiqué que la non-prise en compte de l'atteinte du champ visuel dans les conditions d'attribution du forfait cécité n'excluait pas que d'autres difficultés puissent servir de critères pertinents pour l'attribution de la prestation.
Il se trouve que j'ai été sollicitée par une personne souffrant d'une extrême réduction de son champ visuel, ce qui crée un handicap très lourd au quotidien.
La maison départementale de l'autonomie (MDA) qu'elle a saisie a refusé de lui verser la prestation. Pourtant, elle reconnaissait que les difficultés à réaliser des activités de la vie quotidienne étaient suffisamment importantes pour justifier l'octroi de la PCH.
Pour motiver sa décision, la MDA a renvoyé cette personne au référentiel d'accès à la PCH, auquel elle est contrainte de se référer pour asseoir ses décisions.
Je vous rappelle que ce référentiel, fixé à l'annexe 2-5 du code de l'action sociale et des familles, est modifiable par décret. Compte tenu de cet élément, quelles modifications entendez-vous apporter à ce référentiel pour répondre de manière enfin appropriée aux personnes concernées, jusqu'à présent injustement déboutées de leurs demandes ? En outre, dans quel délai comptez-vous agir ?
M. le président. La parole est à Mme la ministre déléguée.
Mme Charlotte Parmentier-Lecocq, ministre déléguée auprès de la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées, chargée de l'autonomie et des personnes handicapées. Madame la sénatrice Lubin, le Gouvernement est pleinement conscient des difficultés que peut entraîner une altération du champ visuel pour l'autonomie, la mobilité et la sécurité des personnes.
Je vous confirme les éléments qui vous avaient été communiqués en 2023. Il y a bien deux dispositifs : d'une part, le forfait cécité de la PCH, qui repose sur des critères médicaux précis définis à l'article D. 245-9 du code de l'action sociale et des familles ; d'autre part, l'accès personnalisé à la prestation, qui dépend de l'évaluation des difficultés rencontrées pour réaliser les activités de la vie quotidienne.
À cet égard, l'altération du champ visuel fait pleinement partie des éléments qui peuvent justifier un accès à la PCH. Sur ce sujet, la réglementation est claire et ne nécessite pas de modifications.
La question que vous soulevez est plutôt celle de l'application de ce cadre réglementaire par les maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) et les MDA.
Vous avez raison de le souligner, des divergences d'interprétation des critères d'éligibilité peuvent nuire à la lisibilité du dispositif. Il existe toutefois des voies de recours. D'ailleurs, je vous invite à me faire suivre le cas concret que vous avez mentionné, afin que nous puissions trouver une solution avec la MDPH concernée.
Dans son guide PCH Aide humaine, la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA) rappelle expressément que les conséquences d'une atteinte visuelle doivent être pleinement prises en compte pour apprécier les capacités fonctionnelles et déterminer l'éligibilité à la prestation. L'accès à celle-ci demeure donc ouvert, même sans l'attribution du forfait cécité.
Je demanderai à la CNSA de procéder à un rappel de ces règles à l'ensemble des MDPH.
Les efforts réalisés en ce domaine s'inscrivent dans une démarche de travail plus globale avec les MDPH, que j'ai engagée il y a maintenant plusieurs mois. Dans ce cadre, je leur ai demandé d'appliquer strictement certaines règles, comme celle que vous évoquez, ainsi que d'améliorer le délai de traitement des dossiers.
Source : senat.fr ↗
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