Polémique à l'université Lyon-2
Posée le 27/11/2025 • Ministère interrogé : Enseignement supérieur, recherche et espace
Stéphane Piednoir Les Républicains
Sénateur — Maine-et-Loire
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 27/11/2025
M. le président. La parole est à M. le ministre de l'éducation nationale.
M. Edouard Geffray, ministre de l'éducation nationale. Monsieur le sénateur, je vous prie de bien vouloir excuser Philipe Baptiste de son absence : il se trouve actuellement à Brême pour la conférence ministérielle de l'Agence spatiale européenne.
Vous avez raison, la République est le lieu du débat démocratique. Mais en République, on ne fait pas des listes. On ne fait pas des listes de gens qu'on voue aux gémonies ; on ne fait pas des listes de gens qu'on livre à la vindicte des réseaux antisociaux ; et on ne fait pas des listes à raison des convictions philosophiques ou religieuses, réelles ou supposées, des personnes.
Ce qui s'est passé est une honte ! (Très bien ! et applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains ainsi que sur des travées des groupes UC et INDEP.)
M. Olivier Paccaud. Des sanctions !
M. Edouard Geffray, ministre. J'y viens.
Premièrement, nous devons tous nous mettre d'accord sur le fait que cet acte est profondément scandaleux. Évidemment, en mon nom propre comme au nom du Gouvernement, je condamne et j'apporte mon soutien aux personnes qui ont été visées et à toutes les victimes de ce type de pratiques.
Deuxièmement, il doit y avoir une réponse d'ordre judiciaire. Aussi, je salue la décision de la présidente de l'université qui non seulement a immédiatement condamné la publication, mais a aussitôt fait un signalement auprès du procureur de la République sur le fondement de l'article 40 du code de procédure pénale. Celui-ci ayant ouvert une enquête, cette affaire aura une suite pénale qui, toujours en République, ne relève pas du Gouvernement.
Troisièmement, comme vous l'avez mentionné, nous sommes collectivement et socialement confrontés à un regain d'antisémitisme que personne ne peut nier. Vous le savez, une loi a été adoptée en juillet par le Parlement pour renforcer la lutte contre l'antisémitisme à l'université.
Les décrets d'application seront pris dans les prochaines semaines (M. Laurent Lafon manifeste son insatisfaction.) pour poursuivre cette lutte et faire en sorte que personne ne détourne le regard et ne procède à une forme de relativisme face aux pratiques que vous avez dénoncées et que nous dénonçons également. (Applaudissements sur des travées des groupes RDPI, INDEP, RDSE, UC et Les Républicains.)
M. le président. La parole est à M. Stéphane Piednoir, pour la réplique.
M. Stéphane Piednoir. Monsieur le ministre, une mise à pied immédiate et à titre conservatoire me semble être un préalable indispensable pour montrer l'intransigeance de l'exécutif vis-à-vis de ces agissements. (Applaudissements sur les travées des groupes Les Républicains, UC et INDEP ainsi que sur des travées des groupes RDSE et RDPI. - MM. Hussein Bourgi et Rachid Temal applaudissent également.)
L'émotion et l'indignation ne suffisent plus ; il faut des sanctions fermes ! Alors que, comme vous l'avez dit, notre pays connaît une multiplication des actes antisémites depuis les attentats islamistes du 7 octobre et au moment où des formations politiques se nourrissent de cet antisémitisme à des fins électorales, chaque jour d'hésitation est un aveu de faiblesse. Sur ce sujet, nous ne pouvons pas transiger ! (Applaudissements sur les travées des groupes Les Républicains, UC et INDEP ainsi que sur des travées du groupe RDSE.)
Source : senat.fr ↗
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