Question écrite ✓ Répondue le 02/07/2026 #23#

Augmentation du cancer chez les jeunes

Posée le 20/11/2025 • Ministère interrogé : Santé, familles, autonomie et personnes handicapées

Else Joseph

Else Joseph Les Républicains

Sénatrice — Ardennes

La question

Mme Else Joseph interroge Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées sur le développement du cancer chez les adolescents et les jeunes adultes. En effet, selon les études et observations, on constate une augmentation de ces cancers au sein de ces jeunes publics. Parfois, certains cancers sont même plus répandus que chez les séniors. Ce développement fait naître des inquiétudes dans les publics concernés qui s'interrogent sur différents plans. Elle lui demande donc quelles sont les mesures projetées par les pouvoirs publics et si ces derniers envisagent une campagne spécifique, tant ce sujet prend de l'ampleur, y compris dans l'opinion publique. Elle lui demande également comment le Gouvernement compte réagir à l'égard d'un sujet qui préoccupe beaucoup de monde.

✓ Réponse du gouvernement

Publiée le 02/07/2026

La prévention des cancers est une thématique majeure du ministère chargé de la santé. Les cas de cancers pédiatriques sont d'ores et déjà suivis de façon exhaustive au niveau national. La mise en place du registre national des cancers, prévue par la loi du 30 juin 2025 et précisée par le décret d'application du 26 décembre 2025, doit permettre la centralisation par l'Institut national du cancer (INCa) de l'ensemble des informations relatives à l'incidence, la prévalence, et la mortalité des cas de cancers chez les enfants. Des informations sur les soins apportés aux enfants souffrant de cancers seront également versées dans le registre national et permettront d'améliorer la connaissance de cette maladie en population pédiatrique. L'étude EPI-AJA « Incidence des cancers chez les adolescents et jeunes adultes, âgés de 15 à 39 ans et évolutions entre 2000 et 2020 dans les départements de France hexagonale couverts par un registre général » a été réalisée dans le cadre du partenariat associant Santé publique France, l'INCa, le réseau des registres des cancers FRANCIM et les hospices civils de Lyon, avec le soutien financier de la Ligue contre le cancer. Elle relève que si l'incidence de certains cancers est en diminution (tels que les mélanomes et les cancers de la tête et du cou), une hausse moyenne annuelle de l'incidence a été constatée sur cette même période pour six cancers : lymphomes de Hodgkin (+ 1,86 %), glioblastomes (+ 6,11 %), liposarcomes (+ 3,68 %), carcinomes colorectaux (+ 1,43 %), carcinomes du sein (+ 1,60 %), carcinomes du rein (+ 4,51 %). Ces pathologies sont multifactorielles. La discussion au sein de l'étude EPI-AJA mentionne des facteurs de risque potentiels tels que l'obésité, les variations dans les comportements liés à la procréation et à la moindre pratique de l'allaitement, les habitudes de consommation d'alcool et de tabac, des prédispositions génétiques, l'exposition à des rayonnements, à des pesticides… Les bilans prévention, mis en place en 2024, à des âges clés de la vie (entre 18 et 25 ans ; 45 et 50 ans ; 60 et 65 ans ; 70 et 75 ans) ont notamment pour objectif de donner des conseils personnalisés et adaptés pour prévenir le risque de développer des maladies chroniques, notamment le risque de cancers. La détection des facteurs de risque liés au comportement et l'aide au changement de comportement, en lien avec les rendez-vous prévention est une priorité du ministère chargé de la santé. Depuis plusieurs années, l'INCa finance une campagne de prévention primaire des cancers, qui sera à nouveau reconduite en 2026. Concernant l'obésité, un ensemble de mesures concrètes et ancrées dans le quotidien sont rassemblées dans le Programme national nutrition santé (PNNS) et la Stratégie nationale sport-santé (SNSS). En particulier, l'utilisation du Nutri-Score ; la réduction de l'exposition des enfants au marketing alimentaire ; l'actualisation des recommandations alimentaires réalisées par Santé publique France et disponibles sur le site ressource : mangerbouger.fr et des campagnes de promotion de l'activité physique pour le grand public ou encore le déploiement des maisons sports-santé et la facilitation de l'accès au sport sur ordonnance. La promotion de l'allaitement maternel est également un des objectifs du PNNS depuis 2001. Une nouvelle dynamique est en cours avec la préparation du futur PNNS 5 et de la future SNSS. La dernière édition du PNNS, le PNNS 4, prévoit d'accompagner les femmes avant, pendant, après leur grossesse et durant l'allaitement maternel. Un nouveau programme national de lutte contre le tabac 2023-2027 a été lancé. Il est structuré sur 5 axes et 26 mesures : - préserver l'entrée dans le tabagisme en particulier chez les jeunes ; - accompagner les fumeurs, en particulier les plus vulnérables, vers l'arrêt du tabac ; - préserver notre environnement de la pollution liée au tabac ; - transformer les métiers du tabac et lutter contre les trafics ; - améliorer la connaissance sur les dangers liés au tabac et les interventions pertinentes. Le renforcement de la lutte contre le tabac doit rester une priorité particulièrement pour les jeunes afin qu'ils n'entrent pas dans le tabagisme. Concernant la consommation d'alcool, la stratégie de prévention est notamment basée sur la réduction des risques et des dommages et sur la base des « repères de consommation à moindre risque », établis scientifiquement en 2017 (2 verres par jour / pas tous les jours). Dans un objectif de prévention, des campagnes de marketing social ont été développées. A titre d'exemple on peut citer les dispositifs « Amis aussi la nuit » puis « C'est la base » ciblant les jeunes de 17 à 25 ans dans le but de réduire la consommation de substances psychoactives, dont l'alcool, et de renforcer la solidarité et la vigilance entre pairs, ou bien encore la campagne « Pendant la grossesse, c'est zéro alcool » à destination des femmes et de leur entourage. Le Gouvernement porte, à travers la Stratégie Ecophyto2030, l'objectif de réduire de 50 % l'usage des pesticides à l'horizon 2030 par rapport à la période 2011-2013, une meilleure connaissance des risques pour la santé des pesticides, une meilleure information sur ces risques (notamment avec le déploiement d'une plateforme de réponse aux questions que se posent les citoyens sur les expositions aux pesticides), et le soutien des études afin d'améliorer la connaissance sur le lien entre pesticides et santé. La Stratégie Ecophyto 2030 est dotée de moyens financiers inédits. Les téléphones mobiles constituent la principale source d'exposition aux radiofréquences. La campagne de communication, « Téléphone mobile : les 6 bons comportements pour réduire son exposition aux ondes », permet d'informer et promouvoir un usage responsable et raisonné des téléphones mobiles et ainsi réduire son exposition. En termes de surveillance, l'agence nationale des fréquences mesure régulièrement l'exposition de la population aux champs de radiofréquences sur tous les points autour des antennes relais. Les valeurs mesurées sont toujours très inférieures aux valeurs limites définies par la commission internationale de protection contre les rayonnements non ionisants. La prévention des cancers constitue le premier axe de la stratégie décennale de lutte contre le cancer 2021-2030 et elle occupera une place centrale de la feuille de route 2026-2030 de cette stratégie. La recherche sur les facteurs de risque fait également pleinement partie de la stratégie décennale de lutte contre le cancer.

Source : senat.fr ↗

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