Question écrite ✓ Répondue #11#16#

Réforme des épreuves du concours d'entrée à l'institut national du service public

Posée le 04/12/2025 • Ministère interrogé : Fonction publique et réforme de l'État

Bruno Belin

Bruno Belin Les Républicains

Sénateur — Vienne

La question

M. Bruno Belin attire l'attention de M. le ministre délégué auprès de la ministre de l'action et des comptes publics, chargé de la fonction publique et de la réforme de l'État sur la récente réforme des épreuves du concours d'entrée à l'institut national du service public (INSP). Initiée en 2023, cette réforme avait pour ambition d'ouvrir le recrutement et de sélectionner des hauts fonctionnaires reflétant mieux la diversité de la société française. Cependant, plusieurs problèmes ont été identifiés par Jean-François Verdier, président du concours d'entrée 2024, dans son rapport du jury. D'abord, l'instauration d'une épreuve d'anglais éliminatoire a constitué une « anomalie » selon le rapport de M. Verdier. Un nombre significatif de candidats ont été éliminés en 2024 et 2025 sur ce seul critère, alors même qu'ils étaient les mieux classés dans les matières les plus fondamentales de ce concours (économie, droit, épreuve d'entretien). Le caractère éliminatoire de cette épreuve a finalement été supprimé pour les futurs concours, à compter de 2026. Ensuite, l'épreuve de questions à réponses courtes « a posé des problèmes tant aux candidats qu'au jury ». Selon M. Verdier, elle a contraint les candidats à travailler un « programme colossal pour chacune des matières », conduisant à évaluer davantage la capacité à restituer des connaissances qu'à apprécier les compétences d'analyse et de raisonnement. Enfin, l'épreuve de mise en situation collective suscite d'importantes interrogations. Les candidats déplorent qu'un coefficient aussi important soit attribué à une épreuve collective où la note du candidat dépend de nombreux facteurs qui lui sont extérieurs. Par conséquent, il souhaite savoir si, dans le contexte de la procédure de recrutement du futur directeur de l'INSP, le Gouvernement entend engager une révision de ces épreuves, afin d'assurer une sélection fondée sur le mérite et mieux alignée avec les besoins opérationnels des administrations publiques.

✓ Réponse du gouvernement

Epreuve d'anglais :

Par arrêté du 10 avril 2026, le Gouvernement a effectivement supprimé le caractère éliminatoire de l'épreuve d'anglais. Désormais, pour cette épreuve, seuls les points de la note au-dessus de 10 comptent. Cette mesure a été prise pour tenir compte du retour d'expérience du déroulement des épreuves.

Questions à réponses courtes (QRC) :

L'épreuve écrite de questions à réponses courtes (QRC), pouvant porter sur les finances publiques, les questions sociales ainsi que les questions européennes (QE) et internationales (QI), s'inscrit parmi les épreuves écrites visant à contrôler un large socle de connaissances, de compétences et d'aptitudes. Cette épreuve revêt une importance particulière dans la mesure où les épreuves d'admission ne portent désormais plus - en dehors de l'évaluation du niveau d'anglais - que sur la personnalité du candidat, ses motivations, son projet professionnel et ses qualités relationnelles en situation d'interaction.

Elle vise à vérifier non seulement les connaissances acquises par les candidats dans plusieurs disciplines connexes, mais aussi leur capacité à mobiliser ces connaissances de manière pertinente, le cas échéant en croisant les perspectives. Le candidat est également invité à formuler un diagnostic clair et synthétique et, lorsque cela est pertinent, à proposer quelques orientations argumentées en matière d'action publique, tout en adoptant un raisonnement structuré et cohérent.

Chaque question est généralement accompagnée d'un ou de plusieurs documents, destinés à fournir aux candidats des éléments utiles à leur réflexion, en complément de la mobilisation de leurs connaissances personnelles. À cet égard, le sujet du concours externe 2025 illustre clairement la volonté du jury d'évaluer prioritairement les capacités d'analyse et de raisonnement, plutôt que la seule restitution de connaissances :

- Question 1 : faut-il supprimer le principe d'annualité budgétaire ? (1 document à l'appui);

- Question 2 : la France doit-elle encourager le développement du travail frontalier ? (2 documents à l'appui) ;

- Question 3 : l'Union européenne est-elle un acteur stratégique autonome de défense ? (1 document à l'appui).

Dans son ensemble, le programme des épreuves écrites du concours externe ne s'est pas densifié. Le champ de l'épreuve de question contemporaine est désormais resserré autour de deux thèmes, assortis d'une liste de références, et l'épreuve de résolution d'un cas pratique, à partir d'un dossier, portant sur les enjeux des transitions écologique ou numérique, ne comporte pas de programme.

Par ailleurs, le concours interne et le troisième concours présentent désormais une charge de révisions allégée, notamment du fait de la réduction du nombre d'épreuves (de cinq à quatre), du choix laissé au candidat entre le droit public et l'économie, de la présence d'un seul thème en question contemporaine et d'une épreuve de résolution d'un cas pratique centrée sur des enjeux managériaux et organisationnels.

Epreuve de mise en situation collective :

Pour mémoire, il existe une épreuve d'admission collective depuis 2015, réformée par l'arrêté du 21/3/2023. Elle vise aujourd'hui à apprécier, dans un contexte professionnel, les compétences relationnelles des candidats, et plus particulièrement leur capacité à coopérer pour rechercher collectivement une solution à un problème concret d'action publique.

L'épreuve comporte deux temps :

- Le premier consiste à donner à un groupe de candidats (constitué d'au moins trois personnes) des éléments d'une situation concrète à caractère professionnel, ainsi qu'une directive précise nécessitant une prise de décision ou le choix d'une orientation durant au moins 20 minutes ;

- Le second temps prend la forme d'un entretien individuel de chaque candidat par un membre du jury durant 10 minutes.

Les candidats sont répartis en groupes de façon aléatoire et chacune des parties de l'épreuve fait l'objet d'une évaluation individuelle.

Les rapports de jury récents, qui soulignent la pertinence particulière de cette épreuve - perçue comme très complémentaire de celle de l'entretien - font notamment état d'un soin particulier :

- à la préparation de l'épreuve, afin de disposer d'une approche harmonisée entre membres du jury ;

- à la définition d'un barème permettant d'évaluer une prestation individuelle dans le cadre d'une épreuve collective ;

- à distinguer la contribution de chaque candidate et candidat durant la partie collective de l'épreuve, sa capacité à enrichir le débat, à prendre en compte l'autre, à s'adapter au fonctionnement du groupe, à se remettre en question ;

- et à la bonne prise en compte de la partie individuelle de l'épreuve. Il en résulte une gamme très étendue de notes, qui reflète la capacité d'analyse des candidats, ainsi que leur capacité à coopérer et à s'inscrire dans une intelligence collective.

Source : senat.fr ↗

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