Difficultés de l'enseignement en zone rurale
Posée le 08/01/2026 • Ministère interrogé : Éducation nationale
Marie-Pierre Bessin-Guérin Les Indépendants
Sénatrice — Loire-Atlantique
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 08/01/2026
M. le président. La parole est à M. le ministre de l'éducation nationale.
M. Edouard Geffray, ministre de l'éducation nationale. Madame la sénatrice Bessin-Guérin, je réponds à vos trois questions.
Premièrement, sur la loi Vial, dont je salue l'auteur, vous avez raison : nous ne sommes objectivement pas encore à la maille d'un point de vue technique. J'ai personnellement donné des instructions aux recteurs avant les vacances de Noël, et je vais les redonner la semaine prochaine pour que les conventions soient renouvelées. Au-delà, il y a des problèmes de vivier - nous avons du mal à trouver les AESH - et de prise en charge. Mais, très clairement, je m'implique pour y remédier.
Deuxièmement, lorsque vous indiquez que, selon certains, la ruralité serait délaissée par l'éducation nationale, je m'inscris en faux. Aujourd'hui, la ruralité, c'est 30 % des écoles de France pour 18 % des élèves. En rural éloigné, il y a en moyenne 19,5 élèves par classe, contre 21 élèves en moyenne et 23 dans les zones urbaines hors éducation prioritaire. L'effort existe et l'école rurale a de bons résultats en termes scolaires.
En revanche, il y a un sujet sur l'orientation. Nos jeunes ruraux n'ont pas le même empan d'ambition. Ils ne regardent pas suffisamment autour, notamment par rapport à leurs camarades urbains. Il y a donc un travail à effectuer à cet égard. Nous sommes en train de mettre en place un plan spécifique sur l'orientation des jeunes dans le milieu rural - cela inclut les stages en classe de troisième et de seconde - pour diversifier leurs ambitions.
Troisièmement, l'éducation prioritaire traite la concentration, la grande pauvreté. Grosso modo, un établissement avec 60 % d'élèves en situation de pauvreté bascule en éducation prioritaire. Aujourd'hui, 75 % des élèves pauvres ne sont pas en éducation prioritaire. Le dispositif n'est pas suffisamment présent dans le monde rural. Nous sommes en train de réviser les critères, mais la carte elle-même ne pourra être modifiée avant l'élection présidentielle, pour des raisons que j'ai déjà exposées. (Applaudissements sur des travées du groupe RDPI.)
Source : senat.fr ↗
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