Situation en Iran
Posée le 15/01/2026 • Ministère interrogé : Europe et affaires étrangères
Valérie Boyer Les Républicains
Sénatrice — Bouches-du-Rhône
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 15/01/2026
M. le président. La parole est à M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères.
M. Jean-Noël Barrot, ministre de l'Europe et des affaires étrangères. Madame la sénatrice, vous avez inscrit dans une perspective historique les événements tragiques, insupportables, qui se déroulent aujourd'hui à Téhéran et dans les villes et les provinces d'Iran. Je ne peux que vous donner raison.
En effet, bien que nous assistions à la répression la plus violente de l'histoire contemporaine de l'Iran, ce n'est pas la première fois que le peuple iranien se soulève. Vous avez cité le mouvement Femme, vie, liberté, qui a lui aussi été réprimé dans une grande violence en 2022.
La posture de la France et de ses partenaires, en particulier l'Allemagne et le Royaume-Uni, s'inscrit, elle aussi, dans une histoire ancienne. Elle vise à contenir les risques que l'Iran fait peser sur la stabilité du Moyen et du Proche-Orient, sur la sécurité d'Israël, ainsi que sur nos propres intérêts sécuritaires.
C'est pourquoi, à l'approche du dixième anniversaire de l'accord sur le nucléaire iranien conclu en juillet 2015, nous avons engagé avec l'Iran un dialogue exigeant pour obtenir un nouveau règlement de nos divergences avec le régime. Ces discussions ont concerné en particulier les contraintes placées sur le programme nucléaire iranien, les activités de déstabilisation régionale menées par le biais du soutien octroyé aux proxys que sont le Hamas, les Houthis et le Hezbollah, mais aussi la cessation du soutien, direct et indirect, apporté par l'Iran à la guerre d'agression russe en Ukraine.
Notre priorité, outre le sort des deux Français otages du régime iranien, demeure la sécurité de nos ressortissants dans cette crise. On compte à peu près un millier de Français en Iran, parmi lesquels beaucoup de binationaux. Notre préoccupation première est leur sécurité, celle de nos agents et de nos deux otages, mais aussi celle de nos emprises dans la région, ainsi que celles des États avec lesquels nous lient des accords de défense.
C'est dans ce cadre que nous nous mobilisons pour apporter un soutien à la société civile iranienne, mais aussi pour qualifier les événements en cours. Comme le Président de la République l'a fait, j'appelle, à mon niveau, les autorités iraniennes à mettre fin à cette répression inhumaine, intolérable et insupportable. (MM. François Patriat et Thani Mohamed Soilihi applaudissent.)
M. le président. La parole est à Mme Valérie Boyer, pour la réplique.
Mme Valérie Boyer. Monsieur le ministre, convoquer l'ambassadeur d'Iran ne suffira pas : il faut adopter une stratégie ferme face à ce régime cruel, qui a maintes fois eu recours à l'assassinat, y compris en France. Ainsi, nous devrions inscrire les organisations islamistes iraniennes, en particulier les Pasdaran, sur la liste des organisations terroristes. La pieuvre islamiste de Téhéran a des tentacules dans toutes les démocraties occidentales ; elle nous mène une guerre féroce depuis 1979. Demeurer impuissants face à cette cruauté, c'est continuer de donner des gages à l'oppresseur.
Alors, soyons concrets, car l'histoire ne retiendra ni nos déclarations timorées ni nos silences à l'ONU ou à Bruxelles ; elle se souviendra uniquement de ceux qui ont choisi le camp de la liberté. Il nous faut, enfin, une stratégie face à ces bourreaux ! (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)
Source : senat.fr ↗
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