Question écrite
✓ Répondue le 25/06/2026
#30#
Soutien de l'État à l'expérimentation « Territoires zéro chômeur de longue durée »
Posée le 22/01/2026 • Ministère interrogé : Travail et solidarités
Jean Hingray UC
Sénateur — Vosges
La question
M. Jean Hingray appelle l'attention de M. le ministre du travail et des solidarités sur les moyens budgétaires et le calendrier de déploiement de l'expérimentation « Territoires zéro chômeur de longue durée » (TZCLD.)
L'expérimentation, fondée sur la création d'emplois supplémentaires en contrat de travail à durée indéterminée (CDI) au sein d'entreprises à but d'emploi, financés par la réaffectation des coûts du chômage de longue durée, a démontré des résultats positifs tant en matière de retour à l'emploi que de cohésion sociale et de santé publique. De nombreux territoires habilités ou candidats font toutefois état de difficultés croissantes liées à l'insuffisance et à l'instabilité des financements versés par le fonds d'expérimentation.
Plusieurs projets demeurent aujourd'hui bloqués notamment dans le département des Vosges, tandis que des entreprises à but d'emploi déjà en activité alertent sur les risques pesant sur leur pérennité, faute de visibilité pluriannuelle. Cette situation fragilise une politique publique pourtant largement soutenue par les élus locaux et les acteurs de terrain.
Dans ce contexte, il lui demande quels moyens financiers l'État entend consacrer, à court et moyen termes, au fonds d'expérimentation « Territoires zéro chômeur de longue durée » ; si le Gouvernement envisage un abondement ou une sécurisation pluriannuelle de ce fonds ; quel est le calendrier prévisionnel d'habilitation de nouveaux territoires ; et quelles mesures sont envisagées afin de garantir la continuité des entreprises à but d'emploi déjà engagées dans l'expérimentation.
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 25/06/2026
La loi de finances pour 2026 prévoyait un budget consacré à l'expérimentation Territoires zéro chômeur de longue durée (TZCLD) en légère diminution par rapport à 2025, avec 68,8 Meuros contre 70,5 Meuros (- 2,4 %). Cette enveloppe ne permettait pas la reconduction des effectifs salariés en Entreprise à but d'emploi (EBE) au 31 décembre 2025. Par ailleurs, l'expérimentation devant échoir au 30 juin 2026, l'article 204 de la loi de finances pour 2026 est venu la prolonger jusqu'au 31 décembre 2026. Dans le contexte actuel de redressement des finances publiques, le Gouvernement a décidé de soutenir plus particulièrement les EBE en réhaussant le budget 2026 à hauteur de 74,1 Meuros, de sorte à sécuriser l'ensemble des salariés présents au 31 décembre 2026 et de permettre des recrutements dans les entreprises à but d'emploi créées en 2025 ou dont l'ouverture est prévue en cours d'année 2026, en vertu du décret d'habilitation de deux nouveaux territoires du 11 février 2026. Il s'agit d'un effort très conséquent, dans la mesure où le rapport d'évaluation de la deuxième phase de l'expérimentation TZCLD du comité scientifique (septembre 2025), s'il indique des effets très favorables pour les personnes, souligne un coût réel pour les finances publiques : le coût brut d'un emploi en EBE est de 26 600 euros par Equivalent temps plein (ETP), hors dotation d'amorçage. Le coût net pour les finances publiques d'un ETP privé durablement d'emploi, embauché en 2023, est estimé entre 40 et 50 % du coût brut, soit entre 11 300 et 13 700 euros, auquel s'ajoute la dotation d'amorçage. Dans son rapport de juin 2025, la Cour des comptes qualifie par ailleurs le déséquilibre financier de l'expérimentation de « patent » et appelle à sécuriser la soutenabilité budgétaire des TZCLD. Une proposition de loi visant à pérenniser l'expérimentation est en cours d'examen : celle-ci vise une pérennisation ciblée, c'est-à-dire une pérennisation des territoires déjà habilités (sous réserve que ces derniers soient conformes au nouveau cahier des charges) et une habilitation de nouveaux territoires au cas par cas, selon une procédure territorialisée, confiée au préfet et au président du conseil départemental. Toutefois, en raison de l'absence d'un vote conforme de la proposition de loi au Sénat le 9 juin, la pérennisation du dispositif n'a pas été actée par le Parlement. Par conséquent, la proposition de loi doit désormais être examinée en deuxième lecture dans les deux chambres du Parlement.
Source : senat.fr ↗
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