Situation du centre pénitentiaire de Rennes-Vezin
Posée le 19/02/2026 • Ministère interrogé : Intérieur
Sylvie Robert SER
Sénatrice — Ille-et-Vilaine
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 15/04/2026
M. le président. La parole est à Mme Sylvie Robert, auteure de la question n° 959, transmise à M. le garde des sceaux, ministre de la justice.
Mme Sylvie Robert. Madame la ministre, le centre pénitentiaire de Rennes-Vezin connaît une situation extrêmement préoccupante, tant pour les personnes détenues que pour les personnels pénitentiaires.
Les constats que j'ai pu y dresser il y a quelques mois, à l'occasion d'une nouvelle visite, sont alarmants. Le taux d'occupation dépasse le seuil critique et la surpopulation carcérale y est devenue structurelle. Les conditions de détention ne sont pas acceptables, pas davantage que les conditions de travail des agents, qui deviennent extrêmement difficiles.
Ces constats sont corroborés par une actualité dramatique marquée par des suicides de détenus, des incendies dans les cellules, des violences graves entre détenus ou encore des agressions de surveillants.
De tels événements ne relèvent pas de faits isolés ; ils traduisent un dysfonctionnement profond et préoccupant de cette prison.
La circulation massive de téléphones portables et de stupéfiants, rendue possible par des projections depuis l'extérieur, alimente les violences, les intimidations, les trafics et peut conduire à la perte de contrôle de certains quartiers de détention.
Depuis plusieurs mois, j'alerte le ministère de la justice sur la nécessité d'installer un filet antiprojections dans cet établissement.
J'ai par ailleurs saisi la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté, tant les atteintes à la dignité humaine et à la sécurité des agents y sont aujourd'hui manifestes.
Allez-vous enfin financer et installer un filet antiprojections au sein de l'établissement pénitentiaire de Rennes-Vezin ? À ma connaissance, un dispositif « zéro téléphone portable » sera également mis en place. Comment comptez-vous l'accompagner ?
Quelle réponse structurelle prévoyez-vous pour prendre en charge les personnes souffrant de troubles psychiatriques ? Il s'agit, là aussi, d'un point extrêmement préoccupant.
Enfin, comment entendez-vous garantir la sécurité des personnels pénitentiaires ?
Les agents, les personnes détenues, mais aussi leurs familles, attendent des réponses rapides, à la hauteur de la gravité de la situation.
M. le président. La parole est à Mme la ministre.
Mme Marina Ferrari, ministre des sports, de la jeunesse et de la vie associative. Madame la présidente Sylvie Robert, une fois de plus, permettez-moi d'excuser Gérald Darmanin : il aurait aimé vous répondre, mais il m'a demandé de le représenter en son absence.
Dans le cadre du plan « étanchéité » annoncé en novembre 2025 par M. le garde des sceaux, l'établissement de Rennes-Vezin a été retenu pour bénéficier de l'installation et du renforcement de dispositifs de sécurité.
Aussi, je vous confirme que le dossier d'extension du filet antiprojections a bien été validé. Les travaux, qui doivent débuter en octobre 2026, comprendront l'extension du filet sur les parties du quartier « centre de détention » et des quartiers « maison d'arrêt pour hommes » nos 1 et 2, ainsi que l'installation d'un filet de séparation de la zone neutre entre ces deux derniers quartiers.
En outre, une étude est en cours sur la faisabilité de la couverture des cours de promenade et du terrain de sport.
Quatre nouveaux scanners de bagages à rayon X dans les bâtiments de détention seront par ailleurs installés pour faciliter le travail de fouille des agents.
Sont également prévus l'installation d'un portique à ondes millimétriques, l'ajout de caméras de vidéosurveillance et de trois appareils de détection des objets métalliques, ainsi que le remplacement de portiques de détection, l'objectif étant de garantir une plus grande sécurité.
Enfin, le centre pénitentiaire de Rennes-Vezin est doté depuis plusieurs années d'un dispositif antidrones. Depuis le 1er janvier dernier, neuf menaces ont ainsi été détectées, lesquelles ont entraîné l'activation systématique du brouillage. Le 31 mars dernier, une visite de contrôle a conclu à la pleine fonctionnalité de ce système, qui a donc fait la preuve de son efficacité.
Ces avancées attestent du fait que les services du garde des sceaux travaillent chaque jour pour améliorer l'état de nos prisons en garantissant des conditions de travail plus sûres pour le personnel. Nous le leur devons.
M. le président. La parole est à Mme Sylvie Robert, pour la réplique.
Mme Sylvie Robert. Il faut accompagner ces dispositions, qui vont dans le bon sens, en renforçant les effectifs. Une nouvelle directrice vient d'arriver dans l'établissement. Il est nécessaire d'y rétablir la sérénité.
Source : senat.fr ↗
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