Situation de l'usine d'Arques
Posée le 26/03/2026 • Ministère interrogé : Économie, finances, souveraineté industrielle, énergétique et numérique
Cathy Apourceau-Poly CRCE-K
Sénatrice — Pas-de-Calais
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 26/03/2026
M. le président. La parole est à M. le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique.
M. Roland Lescure, ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique. Monsieur le président, mesdames, messieurs les sénateurs, madame la sénatrice Apourceau-Poly, je vous remercie pour votre question, car elle me permet de revenir sur un dossier difficile et qui m'est cher.
J'ai en effet suivi la situation d'Arc lorsque j'étais ministre de l'industrie. À l'époque déjà, nous avions organisé une reprise. Vous l'avez rappelé, l'entreprise comptait 12 000 emplois il y a une vingtaine d'années et quelque 6 000 voilà une dizaine d'années. Les effectifs s'élèvent aujourd'hui à environ 3 500 salariés et, malheureusement, 700 postes vont sans doute être supprimés à l'occasion du plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) accompagnant cette reprise.
Toutefois, et vous l'avez souligné, cette reprise porte un véritable espoir, soutenu par un dirigeant historique, Timothée Durand, qui connaît bien l'entreprise et qui souhaite y investir. Il est prévu qu'environ 700 départs s'inscrivent dans le cadre d'un plan de départs volontaires - un peu plus de 500 salariés souhaitent d'ailleurs partir volontairement.
Le problème vient du fait qu'une partie de ces salariés volontaires ne travaillent pas nécessairement au sein des activités qui devront être fermées. Nous avons donc, si je puis dire, un problème d'appariement entre ceux qui veulent partir et ceux que l'entreprise souhaite garder.
Le ministre de l'industrie s'est rendu sur place hier, comme vous l'avez indiqué, et il a rencontré les organisations syndicales. Nous allons essayer de faire au mieux et de relever ce défi. Vous l'avez dit, il faut garder des expertises et des compétences dans l'entreprise, car l'enjeu, une fois la reprise organisée, porte sur l'avenir. Vous avez mentionné l'innovation, la décarbonation, la reconquête de ce qui fut un fleuron - la plus grande verrerie d'Europe - et qui doit le redevenir face à une concurrence chinoise extrêmement exacerbée. Nous devons conserver les compétences qui permettront d'investir.
En tout état de cause, l'État a été au rendez-vous. Je me permets cette petite correction : nous avons abandonné un certain volume de dettes publiques pour appuyer cette reprise. Nous serons prêts à accompagner la décarbonation de l'entreprise, à la suite de la reprise.
M. le président. La parole est à Mme Cathy Apourceau-Poly, pour la réplique.
Mme Cathy Apourceau-Poly. Vous l'avez dit, monsieur le ministre : 700 emplois, ce n'est tout de même pas rien dans un département déjà touché par une série de licenciements en cascade.
J'espère sincèrement que l'État sera au rendez-vous pour la décarbonation. (Applaudissements sur les travées du groupe CRCE-K, ainsi que sur des travées du groupe SER.)
Source : senat.fr ↗
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