Vote de la France à l'ONU sur la condamnation de l'esclavage
Posée le 02/04/2026 • Ministère interrogé : Porte-parole du Gouvernement et Énergie
Marie-Laure Phinera-Horth RDPI
Sénatrice — Guyane
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 02/04/2026
M. le président. La parole est à M. le ministre délégué chargé du commerce extérieur et de l'attractivité.
M. Nicolas Forissier, ministre délégué auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères, chargé du commerce extérieur et de l'attractivité. Madame la sénatrice, j'entends bien votre message ; j'ai d'ailleurs été sensibilisé à cette question par M. le président Patriat il y a peu de temps.
Au nom de Jean-Noël Barrot, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, actuellement au Japon, je tiens à vous apporter la réponse suivante.
À nos yeux, la position de la France ne présente, en la matière, aucune ambiguïté. Comme les autres pays de l'Union européenne, la France s'est abstenue sur le texte présenté par le Ghana à l'Assemblée générale des Nations unies, pour une raison extrêmement simple : ce projet de résolution mentionne l'esclavage comme le pire des crimes contre l'humanité. Or - vous l'avez rappelé vous-même - la France, comme l'ensemble des pays de l'Union européenne, estime qu'il ne peut y avoir de hiérarchie entre les atteintes infligées à la dignité humaine et aux droits de l'homme, laquelle reviendrait à créer une hiérarchie entre les victimes.
Nous respectons ainsi - si je puis dire - une forme d'égalité entre les victimes. Cela étant, je tiens à vous rassurer, cela ne signifie pas que la France prenne une quelconque distance avec la lutte contre l'esclavage ou avec la mémoire de l'esclavage.
Vous l'avez dit à l'instant : en votant la loi Taubira, il y a près de vingt-cinq ans, la France a été le premier pays au monde à reconnaître la traite et l'esclavage comme crimes contre l'humanité.
J'ajoute qu'en 2019 nous avons créé la fondation pour la mémoire de l'esclavage (FME), laquelle travaille à faire progresser la connaissance historique et à entretenir la mémoire des victimes, contribuant de ce fait à la lutte contre les discriminations et contre le racisme dans nos sociétés contemporaines.
Enfin, nous inaugurerons bientôt un mémorial national des victimes de l'esclavage à Paris, à l'endroit même où la Déclaration universelle des droits de l'homme a été adoptée. Ce lieu ne sera d'ailleurs pas strictement muséal, l'idée étant de faire vivre cette mémoire, que ce soit dans les territoires ultramarins,...
M. le président. Il faut conclure.
M. Nicolas Forissier, ministre délégué. ... dans les pays africains ou chez nos autres partenaires.
Sur ce vote, la position de la France est donc à la fois claire et nuancée. Elle correspond, au fond, à une vérité relevant de l'évidence : il ne peut y avoir de hiérarchie entre les victimes de l'esclavage et celles d'autres crimes contre l'humanité. (Applaudissements sur des travées du groupe RDPI.)
Source : senat.fr ↗
Autres questions de Marie-Laure Phinera-Horth
Insécurité en Guyane
Question au Gouvernement • 18/06/2026
Avenir de la Guyane
Question au Gouvernement • 29/01/2026
Accès limité aux traitements contre la drépanocytose
Question orale sans débat • 22/05/2025
Lutte contre le narcotrafic
Question au Gouvernement • 03/04/2025