Réforme des épreuves du concours d'entrée à l'institut national du service public
Posée le 02/04/2026 • Ministère interrogé : Premier ministre
Bruno Belin Les Républicains
Sénateur — Vienne
La question
✓ Réponse du gouvernement
Epreuve d'anglais :
Par arrêté du 10 avril 2026, le Gouvernement a effectivement supprimé le caractère éliminatoire de l'épreuve d'anglais. Désormais, pour cette épreuve, seuls les points de la note au-dessus de 10 comptent. Cette mesure a été prise pour tenir compte du retour d'expérience du déroulement des épreuves.
Questions à réponses courtes (QRC) :
L'épreuve écrite de questions à réponses courtes (QRC), pouvant porter sur les finances publiques, les questions sociales ainsi que les questions européennes (QE) et internationales (QI), s'inscrit parmi les épreuves écrites visant à contrôler un large socle de connaissances, de compétences et d'aptitudes. Cette épreuve revêt une importance particulière dans la mesure où les épreuves d'admission ne portent désormais plus - en dehors de l'évaluation du niveau d'anglais - que sur la personnalité du candidat, ses motivations, son projet professionnel et ses qualités relationnelles en situation d'interaction.
Elle vise à vérifier non seulement les connaissances acquises par les candidats dans plusieurs disciplines connexes, mais aussi leur capacité à mobiliser ces connaissances de manière pertinente, le cas échéant en croisant les perspectives. Le candidat est également invité à formuler un diagnostic clair et synthétique et, lorsque cela est pertinent, à proposer quelques orientations argumentées en matière d'action publique, tout en adoptant un raisonnement structuré et cohérent.
Chaque question est généralement accompagnée d'un ou de plusieurs documents, destinés à fournir aux candidats des éléments utiles à leur réflexion, en complément de la mobilisation de leurs connaissances personnelles. À cet égard, le sujet du concours externe 2025 illustre clairement la volonté du jury d'évaluer prioritairement les capacités d'analyse et de raisonnement, plutôt que la seule restitution de connaissances :
- Question 1 : faut-il supprimer le principe d'annualité budgétaire ? (1 document à l'appui);
- Question 2 : la France doit-elle encourager le développement du travail frontalier ? (2 documents à l'appui) ;
- Question 3 : l'Union européenne est-elle un acteur stratégique autonome de défense ? (1 document à l'appui).
Dans son ensemble, le programme des épreuves écrites du concours externe ne s'est pas densifié. Le champ de l'épreuve de question contemporaine est désormais resserré autour de deux thèmes, assortis d'une liste de références, et l'épreuve de résolution d'un cas pratique, à partir d'un dossier, portant sur les enjeux des transitions écologique ou numérique, ne comporte pas de programme.
Par ailleurs, le concours interne et le troisième concours présentent désormais une charge de révisions allégée, notamment du fait de la réduction du nombre d'épreuves (de cinq à quatre), du choix laissé au candidat entre le droit public et l'économie, de la présence d'un seul thème en question contemporaine et d'une épreuve de résolution d'un cas pratique centrée sur des enjeux managériaux et organisationnels.
Epreuve de mise en situation collective :
Pour mémoire, il existe une épreuve d'admission collective depuis 2015, réformée par l'arrêté du 21/3/2023. Elle vise aujourd'hui à apprécier, dans un contexte professionnel, les compétences relationnelles des candidats, et plus particulièrement leur capacité à coopérer pour rechercher collectivement une solution à un problème concret d'action publique.
L'épreuve comporte deux temps :
- Le premier consiste à donner à un groupe de candidats (constitué d'au moins trois personnes) des éléments d'une situation concrète à caractère professionnel, ainsi qu'une directive précise nécessitant une prise de décision ou le choix d'une orientation durant au moins 20 minutes ;
- Le second temps prend la forme d'un entretien individuel de chaque candidat par un membre du jury durant 10 minutes.
Les candidats sont répartis en groupes de façon aléatoire et chacune des parties de l'épreuve fait l'objet d'une évaluation individuelle.
Les rapports de jury récents, qui soulignent la pertinence particulière de cette épreuve - perçue comme très complémentaire de celle de l'entretien - font notamment état d'un soin particulier :
- à la préparation de l'épreuve, afin de disposer d'une approche harmonisée entre membres du jury ;
- à la définition d'un barème permettant d'évaluer une prestation individuelle dans le cadre d'une épreuve collective ;
- à distinguer la contribution de chaque candidate et candidat durant la partie collective de l'épreuve, sa capacité à enrichir le débat, à prendre en compte l'autre, à s'adapter au fonctionnement du groupe, à se remettre en question ;
- et à la bonne prise en compte de la partie individuelle de l'épreuve. Il en résulte une gamme très étendue de notes, qui reflète la capacité d'analyse des candidats, ainsi que leur capacité à coopérer et à s'inscrire dans une intelligence collective.
Source : senat.fr ↗
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