Prise en charge de la santé mentale des jeunes à l'école
Posée le 07/05/2026 • Ministère interrogé : Éducation nationale
Marie-Pierre Bessin-Guérin Les Indépendants
Sénatrice — Loire-Atlantique
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 07/05/2026
M. le président. La parole est à M. le ministre de l'éducation nationale.
M. Edouard Geffray, ministre de l'éducation nationale. Madame la sénatrice, vous avez raison : la santé mentale est un enjeu majeur. J'en ai fait l'une de mes trois priorités le jour de mon arrivée au ministère, car nous voyons que les jeunes sont objectivement vulnérables d'un point de vue psychique : un sur trois connaît des troubles anxiodépressifs au cours de sa scolarité au collège et au lycée.
Je décrirai plusieurs mesures relatives à ce phénomène, car ce dernier est en réalité extrêmement complexe. La réponse ne peut donc que résulter d'une stratégie globale.
Premièrement, en termes de capacité humaine à repérer et à prendre en charge, nous avons inversé pour la première fois la tendance en créant, dans la loi de finances pour cette année, des postes d'infirmiers, de psychologues et d'assistants sociaux. Cette trajectoire devra, à mon avis, être poursuivie : il nous faut être en mesure de recruter. En outre, nous comptons d'ores et déjà 8 000 de ce que nous appelons des « personnels repères », c'est-à-dire des agents plus experts, formés dans le second degré pour détecter et orienter les jeunes concernés.
Deuxièmement, comme je vous l'avais annoncé - nous y sommes enfin, malgré un retard qui nous est imputable, mais qui était nécessaire pour nous assurer que le mécanisme fonctionne -, Stéphanie Rist, ministre de la santé, et moi-même sommes en train de mettre en place un dispositif « coupe-file » afin d'assurer la prise en charge d'un élève quand un médecin ou une infirmière scolaire l'oriente vers la médecine de ville. En effet, autant nous pouvons détecter et orienter, autant nous ne pouvons pas suivre les élèves en tant que patients au sein de la médecine scolaire.
Troisièmement, s'agissant des faits symptomatiques - vous en avez parlé également -, Laurent Nunez et moi-même avons massifié les contrôles : 20 500 en un an et 800 armes blanches saisies, pour assurer une prévention à l'entrée des établissements. Vous voyez toutefois que je place cette mesure en bout de chaîne...
Quatrièmement - je suis désolé de le répéter, mais le constat est important -, tout ne peut pas se faire à l'école. Les familles ont un rôle à jouer dans la détection des troubles mentaux, tout comme la société dans son ensemble. Les autres ministres de ce gouvernement et moi-même partageons un objectif singulier : la protection de l'enfance. Je rappelle que, sur les cinq adultes poignardés l'année dernière dans le milieu scolaire, quatre l'ont été par des jeunes qui étaient sous mesure sociojudiciaire. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
Source : senat.fr ↗
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