Installation illégale des rave-parties
Posée le 07/05/2026 • Ministère interrogé : Intérieur
Rémy Pointereau Les Républicains
Sénateur — Cher
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 07/05/2026
M. le président. La parole est à M. le ministre de l'intérieur.
M. Laurent Nunez, ministre de l'intérieur. Monsieur le sénateur, je vous remercie d'avoir participé à ce déplacement dans le Cher, territoire que je connais bien, et plus particulièrement dans le secteur où s'est tenue cette rave-party.
Le constat que vous dressez correspond à la réalité observée sur place : ce rassemblement musical illégal était tout sauf une fête. Les dégradations et les dommages, notamment subis par les agriculteurs, se révèlent considérables.
Mme Mathilde Ollivier. Quelles dégradations ?
M. Laurent Nunez, ministre. Je les déplore totalement et tiens à remercier le préfet, les forces de sécurité, le commandant de groupement, le directeur par intérim du service départemental d'incendie et de secours (Sdis), ainsi que l'ensemble des acteurs de la sécurité civile, qui ont rapidement mis en place un dispositif de sécurisation autour du site.
Conformément à mes instructions, des contrôles systématiques ont été opérés à la sortie du site, donnant lieu à des milliers de verbalisations. Le parquet a saisi la section de recherches de la gendarmerie ; des investigations sont en cours. Les organisateurs de ce rassemblement seront retrouvés, confondus et poursuivis en justice.
J'ai également demandé la saisie du matériel, opération rendue difficile par des conditions particulièrement tendues. Six gendarmes ont été blessés la nuit précédente ; je tiens à leur adresser une pensée. Près de 700 mètres cubes de matériel ont été saisis - soit la quasi-totalité : c'est complètement inédit, ce n'était jamais arrivé !
Pour l'avenir, le Sénat sera prochainement saisi du projet de loi « Ripost », que j'ai présenté hier devant la commission des lois. Ce texte prévoit un durcissement significatif des sanctions pénales : l'organisation d'un tel rassemblement constituera désormais un délit, alors qu'elle relève actuellement d'une simple contravention. La participation elle-même sera également érigée en délit. Il n'est pas admissible que des individus puissent occuper, durant trois ou quatre jours, un terrain militaire, comme cela s'est produit à Cornus, dans le département du Cher, et ne s'exposent qu'à une contravention de 135 euros, assimilable à une simple infraction routière. Une telle situation ne saurait perdurer. Le Gouvernement proposera donc d'ériger ces faits en délit, afin de renforcer significativement la réponse pénale.
La situation des agriculteurs rencontrés fera l'objet d'un examen attentif, notamment quant à l'indemnisation des dommages subis. (M. François Patriat applaudit.)
Source : senat.fr ↗
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