Privatisation des réseaux de bus en Île-de-France
Posée le 07/05/2026 • Ministère interrogé : Transports
Pascal Savoldelli CRCE-K
Sénateur — Val-de-Marne
La question
✓ Réponse du gouvernement
L'organisation des transports collectifs franciliens est une compétence relevant d'Île-de-France Mobilités (IDFM). L'État, au regard du principe de libre administration des collectivités territoriales, n'intervient pas dans les choix des autorités organisatrices de la mobilité (AOM). Il appartient notamment à IDFM de définir le niveau d'offre de transports publics sur les communes franciliennes, de garantir leur niveau de qualité de service et d'organiser l'ouverture à la concurrence des réseaux de transports qu'elle administre.
L'ouverture à la concurrence des transports collectifs franciliens découle des engagements européens de la France auxquels elle ne saurait déroger. Les opérateurs de transport privés exploitent déjà depuis de nombreuses années des réseaux de transport collectif de grandes métropoles françaises. La concurrence a permis aux opérateurs de transport français d'exporter leurs savoir-faire à l'international sur de nombreux marchés, ce qui implique un principe de réciprocité.
Il est par ailleurs utile de rappeler que huit des treize lots de bus parisiens (Paris et petite couronne) ont été attribués à RATP Cap Île-de-France et deux l'ont été à Keolis, filiales pour l'une de la RATP et pour l'autre de la SNCF. Le groupe RATP conserve ainsi 70 % de ses lignes historiques et 75 % des effectifs.
Île-de-France Mobilités s'est appuyée sur la première vague d'ouverture à la concurrence en grande couronne (réseau Optile) pour préparer celle du réseau historique des bus parisiens.
La démutualisation du réseau de bus francilien est génératrice de coût. Toutefois, plus qu'une réduction des coûts, IDFM a souhaité mettre à profit l'ouverture à la concurrence pour réaliser une nette amélioration en matière de qualité de service. Ainsi, sur le réseau historique des bus parisiens, le taux de réalisation de l'offre de transport a significativement progressé, passant selon l'AOM francilienne de 92 % à plus 95% depuis l'ouverture à la concurrence.
Le processus de transfert de l'exploitation du réseau des bus de Paris et de petite couronne a débuté en novembre 2025 et il est encore à l'oeuvre. Il serait donc prématuré de dresser un bilan, alors que les transferts sont encore en cours.
L'État a pris des engagements forts pour garantir un cadre social protecteur pour les salariés de la RATP transférés aux nouveaux attributaires : la loi garantit notamment le maintien de la rémunération nette, de la garantie d'emploi et du régime spécial de retraite de la RATP. L'État, comme IDFM et les attributaires des DSP sont pleinement mobilisés pour assurer une transition réussie afin de garantir un haut niveau de qualité de service pour les usagers.
Enfin, s'agissant des personnels du réseau de surface non transférables, la RATP a mis en oeuvre un programme dédié pour assurer leur redéploiement au sein du groupe.
Source : senat.fr ↗
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