Impact des fermetures de classes pour la rentrée 2026 dans les Bouches-du-Rhône
Jérémy BacchiCRCE-K
Sénateur — Bouches-du-Rhône
La question
M. Jérémy Bacchi appelle l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale sur les nombreuses fermetures de classes annoncées pour la rentrée scolaire 2026 dans le département des Bouches-du-Rhône.
Ces dernières suscitent une vive inquiétude de la part des parents d'élèves, des élus locaux, des enseignants et de l'ensemble de la communauté éducative.
À la suite des derniers arbitrages de la carte scolaire, plus de 140 fermetures de classes sont prévues sur l'ensemble du territoire départemental. La ville de Marseille est particulièrement frappée par ces mesures alors même que ses effectifs globaux demeurent stables, autour de 75 000 élèves, et que son contexte socio-économique est déjà lourdement fragilisé. Des arrondissements populaires ou en forte tension, tels que les 5e et 13e arrondissements marseillais, payent un tribut particulièrement lourd.
Cette logique comptable n'épargne pas non plus les communes de taille moyenne comme Aix-en-Provence ou Arles, durement touchées proportionnellement à leur taille, ni les zones rurales et les villages pour lesquels la perte d'une seule classe peut avoir des conséquences considérables sur l'apprentissage des élèves.
Ces décisions semblent répondre exclusivement à des contraintes budgétaires à court terme, au détriment des besoins réels des établissements et à l'encontre des ambitions pour l'éducation nationale affichées par le Gouvernement. Service public de proximité essentiel, l'École de la République est la garante de l'égalité des chances et du lien social dans nos territoires.
Inclusion des élèves en situation de handicap, prévention des violences, accompagnement face aux usages numériques et lutte contre les déterminismes sociaux : les défis de l'école sont nombreux. Les relever exige un renforcement des moyens humains et pédagogiques, et non leur réduction.
Dans un contexte scolaire déjà sous tension, ces fermetures auront pour conséquence directe une augmentation mécanique du nombre d'élèves par classe. Elles risquent ainsi de dégrader significativement les conditions d'apprentissage, de limiter la capacité des équipes pédagogiques à accompagner chaque enfant, notamment les plus vulnérables et d'accentuer la pression sur des personnels éducatifs déjà confrontés à des conditions d'exercice de plus en plus difficiles.
Convaincu que l'éducation doit demeurer une priorité collective nationale et un investissement indispensable pour l'avenir, il lui demande si le Gouvernement entend reconsidérer ces projets de fermetures en prenant pleinement en compte les réalités de terrain. Enfin, il souhaite savoir quelles mesures d'urgence le ministère compte mettre en oeuvre afin de garantir que la rentrée scolaire 2026 se déroule dans des conditions dignes, sereines et adaptées aux besoins de chaque élève.
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 22/10/2026La loi de finances 2026 prévoit, pour le premier degré public, une création nette de 1 615 ETP à la rentrée 2026 : +3 506 ETP liés à la réforme de la formation initiale des enseignants, compensés en partie par une reprise démographique de -1 891 ETP. Les effectifs baissent de 107 601 élèves (-2 %), ce qui porte le taux d'encadrement à un niveau inédit de 6,23 professeurs pour 100 élèves ; le nombre moyen d'élèves par classe passe de 23,2 en 2017 à 21,09 prévus en 2026. La carte scolaire est un instrument de politique éducative permettant de s'adapter à l'évolution des territoires. Sa préparation, engagée dès septembre et suivie jusqu'à la rentrée, repose sur une analyse fine de chaque école et sur un dialogue continu avec les élus. Les moyens sont répartis selon des critères territoriaux et sociaux, à chaque échelon. En amont des CDEN, les observatoires des dynamiques rurales et territoriales (ODRT) renforcent cette concertation : sur une approche prospective à cinq ans, ils permettent de partager un diagnostic et d'anticiper l'évolution de l'offre scolaire et des services associés. Dans les Bouches-du-Rhône, la carte scolaire a été guidée par plusieurs priorités : une répartition équitable des moyens selon les besoins locaux, l'accueil des moins de 3 ans en quartiers prioritaires, le maintien des dédoublements en GS, CP et CE1 en éducation prioritaire, la création de dispositifs inclusifs (ULIS, UEMA, UEEA) et le déploiement des pôles d'appui à la scolarité. Le département a perdu 8 996 élèves entre 2017 et 2025 (-4,8 %). Sur la même période, le nombre d'élèves par classe est passé de 24,4 à 21,8 (de 21,7 à 18,0 en éducation prioritaire). Pour 2026, avec une baisse attendue de 3 152 élèves (-1,8 %) et un retrait limité à 20 emplois, le taux d'encadrement contine à s'améliorer. À Marseille, les écoles ont perdu 3 052 élèves entre 2020 et 2025, et 388 de moins sont attendus en 2026, soit près de 3 440 sur six ans ; 78 postes y ont pourtant été ajoutés entre 2020 et 2025. À Aix-en-Provence, malgré 570 élèves en moins, deux emplois ont été créés, pour 22,2 élèves par classe. À Arles, malgré 321 élèves en moins, seuls deux emplois ont été retirés, ce qui maintient 19,8 élèves par classe.
Source : senat.fr ↗
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