Difficultés croissantes des jeunes à trouver une alternance
Marianne MargatéCRCE-K
Sénatrice — Seine-et-Marne
La question
Mme Marianne Margaté attire l'attention de Mme la ministre déléguée auprès du ministre du travail et des solidarités et du ministre de l'éducation nationale, chargée de l'enseignement et de la formation professionnels et de l'apprentissage sur les difficultés croissantes des jeunes à trouver une alternance.
Depuis 2025, les recherches s'allongent, en particulier pour les jeunes issus des classes populaires, qui sont parfois contraints d'envoyer plus de 600 candidatures. Selon l'institut national de la statistique et des études économiques (Insee), durant le seul 3e trimestre 2025, les deux tiers des 60 000 emplois perdus étaient liés au recul de l'alternance, et cette tendance se poursuit. Cette situation inacceptable en engendre une autre : des jeunes s'endettent pour payer des frais de scolarité pouvant atteindre 7 500 euros par an, ou abandonnent leurs études.
Ces difficultés s'inscrivent dans un système d'alternance dont les dérives sont désormais documentées. Selon une étude du Céreq publiée en 2026 à partir de l'enquête Génération 2021, les alternances du supérieur public offrent systématiquement de meilleures trajectoires d'insertion que celles du supérieur privé, alors que l'essor de l'apprentissage depuis la réforme de 2018 a été particulièrement marqué dans ce dernier. Il est à noter qu'un rapport de l'inspection générale des affaires sociales (IGAS) et de l'inspection générale de l'éducation, du sport et de la recherche (IGÉSR) y décrit une qualité pédagogique trop souvent insuffisante tout comme des défaillances de contrôle dans l'enseignement supérieur privé lucratif. Par ailleurs, les aides à l'embauche ont pour les entreprises un effet d'aubaine.
Au moment où la jeunesse se mobilise pour son avenir, elle lui demande ce que le Gouvernement compte entreprendre pour garantir à tout jeune sans employeur, la gratuité de sa formation et un statut rémunéré. Elle lui demande également quelles mesures il entend prendre pour contrôler l'usage des aides publiques et garantir la qualité des formations.
Elle lui demande aussi s'il ne serait pas opportun de créer un service public de mise en relation avec les employeurs. L'État ne pourrait-il pas agir en faveur de places d'apprentissage dans la fonction publique et dans les entreprises où il détient une participation publique ? Ne serait-il pas également souhaitable de conditionner strictement les aides aux grandes entreprises à l'établissement de contrats d'alternance et à l'embauche de ces jeunes à l'issue du contrat ? Ne faudrait-il pas réfléchir à des dispositifs de soutien similaires pour les très petites entreprises (TPE) et petites et moyennes entreprises (PME), allant dans le même sens ?
Elle lui demande enfin ce que le Gouvernement compte faire pour rendre publics les montants d'aides perçus par les groupes privés d'enseignement supérieur dans ce but et de renforcer les contrôles de ces établissements.
L'ensemble de cette situation n'illustre-t-elle pas la nécessité urgente d'engager une concertation et une expérimentation territoriale visant à instaurer une sécurité d'emploi ou de formation ? Celle-ci garantirait à chacun et à chacune une continuité de revenu et de droits entre emploi et formation, jusqu'à la retraite.
⏳ Cette question n'a pas encore reçu de réponse du gouvernement.
Source : senat.fr ↗
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