Pourquoi ce texte ? Le contexte en 5 points
  • Selon la Drees, près de 380 000 mineurs et jeunes majeurs font l’objet d’une mesure de protection de l’enfance en France.
  • Devant le juge des enfants, en assistance éducative, tous les acteurs sont représentés — les parents, le département, l’Aide sociale à l’enfance (ASE) — sauf, bien souvent, l’enfant lui-même, dont la désignation d’un avocat restait facultative.
  • La proposition de loi, portée par la députée Ayda Hadizadeh (Socialistes, Val-d’Oise), fait de l’assistance d’un avocat un droit garanti pour l’enfant, assorti de l’aide juridictionnelle sans condition de ressources.
  • Déposée en septembre 2025, elle avait déjà été votée à l’unanimité en première lecture le 11 décembre 2025, avant d’être modifiée par le Sénat.
  • En l’adoptant conforme le 1er juillet 2026, l’Assemblée l’a rendue définitive : la loi entrera en vigueur en janvier 2027.

C’est un vote qui détonne dans une Assemblée où presque chaque scrutin oppose la gauche au Rassemblement national. Le 1er juillet 2026, les députés ont adopté à l’unanimité292 voix pour, aucune contre, aucune abstention — la proposition de loi garantissant à chaque enfant placé le droit d’être assisté d’un avocat. Le texte ayant été voté conforme à la version du Sénat, il est définitivement adopté.

292
Pour
0
Contre
0
Abstention
Résultat du vote — 1er juillet 2026 (2e lecture, adoption conforme)
292 votants
292 pour100 % des votants
0 contre · 0 abstentionunanimité, un seul non-votant

Une unanimité totale, du RN à La France insoumise

Le détail par groupe ne laisse aucune place à l’interprétation : les douze groupes de l’Assemblée ont voté pour, sans une seule voix contre. Le Rassemblement national forme le contingent le plus fourni avec 55 voix, juste devant le bloc central Ensemble pour la République (54). À gauche, La France insoumise et les Socialistes alignent chacun 41 voix. Aucun clivage, aucune abstention tactique : sur la protection des enfants placés, l’hémicycle a parlé d’une seule voix.

Vote par groupe politique — tous « pour »
Pour
RN
55 pour
EPR
54 pour
LFI-NFP
41 pour
SOC
41 pour
HOR
22 pour
DEM
21 pour
DR
19 pour
ECOS
15 pour
LIOT
8 pour
GDR
7 pour
UDDPLR
6 pour
NI
3 pour

L’autrice du texte, la socialiste Ayda Hadizadeh, a défendu tout au long de la navette un principe non négociable : l’aide juridictionnelle pour tous les enfants, quelle que soit la situation financière de leur famille.

« L’adoption de cet amendement empêcherait d’accorder l’aide juridictionnelle à tous les enfants, sans condition de ressources. Or c’est indispensable. »

Ayda Hadizadeh
Ayda Hadizadeh
SOC
Val-d'Oise (2)
Voir la fiche →

Ce que dit le texte : l’enfant, enfin une partie à part entière

Jusqu’ici, dans une procédure d’assistance éducative — celle qu’ouvre le juge des enfants lorsqu’un mineur est en danger —, l’enfant pouvait être entendu et, s’il le demandait, assisté d’un avocat. Mais cette désignation n’avait rien de systématique. Résultat : dans la salle d’audience, l’enfant était fréquemment le seul acteur sans conseil, face à des parents, un département et des travailleurs sociaux tous représentés. La loi renverse cette logique en faisant de l’avocat un droit.

« Un dossier d’assistance éducative devant un juge des enfants, cela a une réalité très concrète que l’on ne peut pas ignorer. »

Caroline Yadan
Caroline Yadan
EPR
Français de l'étranger (8)
Voir la fiche →
⚖️
Un avocat de droit
Tout enfant faisant l’objet d’une mesure d’assistance éducative peut être assisté d’un avocat, dont la désignation devient un droit garanti.
🪙
Aide juridictionnelle automatique
L’aide juridictionnelle est accordée sans condition de ressources : le coût de l’avocat ne dépend plus des revenus des parents.
🗣️
La parole de l’enfant
L’enfant cesse d’être un simple objet de la procédure pour devenir une partie dont la voix est portée et défendue devant le juge.
📅
En vigueur en janvier 2027
Un délai négocié avec le gouvernement pour laisser aux juridictions et aux barreaux le temps d’organiser cette nouvelle garantie.

Un consensus rare, salué au-delà de l’hémicycle

Le vote a été accueilli comme une victoire par le monde de la défense des mineurs. Le Syndicat des avocats de France a parlé d’un « tournant historique pour la protection des enfants ». Dans l’hémicycle, la mesure a transcendé les habituelles lignes de fracture, y compris chez ceux qui, sur d’autres textes touchant à l’enfance, s’étaient vivement opposés.

« Les enfants sont des voyages qu’il faut accompagner avec tendresse et vigilance, nous dit Philippe Claudel. »

Paul Christophe
Paul Christophe
HOR
Nord (14)
Voir la fiche →
À noter : la loi ne produira ses effets qu’en janvier 2027. Ce délai de dix-huit mois, réclamé par le gouvernement, doit permettre aux barreaux de disposer d’assez d’avocats formés au droit des mineurs et aux juridictions d’absorber la charge nouvelle. La garantie est votée ; sa mise en œuvre concrète reste à construire.
16 septembre 2025
Dépôt de la proposition de loi par Ayda Hadizadeh (SOC) et plusieurs de ses collègues.
11 décembre 2025
Première lecture à l’Assemblée : le texte est adopté à l’unanimité.
2026
Le Sénat examine et modifie le texte avant de l’adopter.
1er juillet 2026
Deuxième lecture à l’Assemblée : adoption conforme par 292 voix contre 0. La loi est définitive.
Janvier 2027
Entrée en vigueur prévue de la garantie d’un avocat pour chaque enfant placé.

Pour retrouver le détail du vote, le parcours du texte et la position de chaque groupe, consultez la fiche de la proposition de loi et le profil de sa rapporteure, Ayda Hadizadeh, sur NosParlementaires.