- Le football français traverse une crise financière profonde : après l'effondrement de Mediapro fin 2020, puis les déboires de DAZN, les droits TV de la Ligue 1 sont retombés autour de 500 millions d'euros par an, loin des 800 millions espérés.
- Les écarts se creusent : la répartition des droits télévisés va aujourd'hui du simple au septuple (ratio de 1 à 7) entre le club le mieux doté et le moins bien loti.
- La multipropriété inquiète : des fonds détiennent plusieurs clubs à la fois — BlueCo possède le RC Strasbourg et Chelsea —, ce qui pose des questions d'équité sportive.
- La DNCG, gendarme financier du foot, voit régulièrement des clubs professionnels frôler le dépôt de bilan.
- La proposition de loi, d'origine sénatoriale (Laurent Lafon), entend « reprendre la main » sur ces dérives : droits TV, gouvernance, rémunération des dirigeants, lutte contre le piratage.
Le 29 juin 2026, l'Assemblée nationale a adopté en première lecture, par 75 voix contre 2, la proposition de loi relative à l'organisation, à la gestion et au financement du sport professionnel. Fait rare dans une Assemblée fracturée : de La France insoumise au Rassemblement national, tous les grands groupes ont voté pour. Les deux seules voix contre sont venues des écologistes.
Un consensus rare sur le « foot business »
Le vote est presque sans partage : 75 voix pour, deux contre, une abstention. Le Rassemblement national forme, avec 14 voix, le contingent le plus important — juste devant les Démocrates (MoDem) et La France insoumise, à 11 voix chacun. Socialistes, Droite républicaine et écologistes apportent chacun 8 voix. Sur un texte qui muscle le contrôle public des finances du football, la gauche de la gauche et l'extrême droite votent la main dans la main. Il faut toutefois relever la faible affluence : un lundi de première lecture, seuls 78 députés ont pris part au scrutin.
« Nous risquons de nous éloigner de l'objectif essentiel du texte : mieux lutter contre le piratage audiovisuel, mieux lutter contre la piraterie sur la billetterie, renforcer l'attractivité de notre football et améliorer son organisation. »
Les deux voix contre — et les réserves de l'hémicycle
Les seuls votes hostiles sont venus des écologistes Pouria Amirshahi et Emmanuel Duplessy. Le point de crispation ne portait pas sur l'encadrement des finances, mais sur le volet lutte contre le piratage : plusieurs députés de gauche ont dénoncé un dispositif jugé attentatoire aux libertés, notamment la publication de listes de noms.
« Pour lutter contre le piratage, cet article prévoit la publication d'une liste de noms. Même la justice n'agit pas ainsi. Cette pratique est totalement dépassée. »
À droite, le Rassemblement national a voté pour tout en multipliant les mises en garde : à ses yeux, l'accumulation de « garde-fous » réglementaires trahit une intervention publique jugée excessive dans l'économie du sport.
« S'il faut autant de garde-fous pour éviter les dérives de cette proposition de loi, c'est peut-être qu'elle nous conduit déjà au bord du précipice. »
Ce que change la loi
Chronologie
Retrouvez sur NosParlementaires.fr le détail des votes de chaque député et son taux de présence à l'Assemblée. Vous pouvez aussi consulter la fiche de la loi sur le sport professionnel et le vote de chaque groupe.