- En France, des dizaines de milliers de postes dans la fonction publique restent vacants chaque année, notamment dans les hôpitaux, les écoles et les services de voirie, en partie parce que les agents ne trouvent pas à se loger à proximité de leur lieu de travail.
- Dans les zones tendues (Paris, Lyon, Bordeaux, Marseille), un loyer représente couramment 50 à 70 % du salaire d'un jeune agent public — enseignant, infirmier, policier ou éboueur.
- La proposition de loi a été déposée en avril 2025 par David Amiel (EPR), alors député, dans le prolongement d'un plan logement annoncé par le gouvernement Lecornu.
- Le texte vise à donner aux agents publics un accès prioritaire au parc de logements sociaux et à réformer les mécanismes de réservation de l'État.
- La gauche, qui a voté contre, reproche au texte de ne pas traiter les causes profondes de la crise : absence d'encadrement des loyers, pénurie de construction, inégalités de patrimoine immobilier.
À 292 voix pour et 160 contre, l'Assemblée nationale adoptait le 17 juin 2026 la proposition de loi visant à améliorer l'accès au logement des travailleurs des services publics. Le Rassemblement national s'impose comme le premier soutien du texte avec 89 voix, devant le groupe Ensemble pour la République (80). À l'opposé, la totalité du bloc de gauche — LFI (63 contre), Socialistes (51), Écologistes (31) et Gauche démocrate et républicaine (13) — a voté contre, au nom d'une ambition insuffisante.
Le RN, premier contingent pro-texte
Avec 89 voix pour et zéro contre, le groupe Rassemblement national constitue le plus grand bloc de soutien à ce texte, devant Ensemble pour la République (80 voix). Droite républicaine (42), Horizons (33), Démocrates (24), UDDPLR (17) et LIOT (2, sur 16 présents) complètent la majorité. Cette coalition de droite et de centre-droit — traversant les fractures habituelles du camp présidentiel — a permis l'adoption définitive du texte malgré l'hostilité unanime de la gauche.
Le coût invisible du mal-logement
Pour les défenseurs du texte, la question du logement des travailleurs des services publics est avant tout une question de fonctionnement des services essentiels. Un hôpital ne peut pas recruter d'infirmières si elles ne trouvent nulle part à se loger dans un rayon raisonnable. Une école de banlieue parisienne perd ses enseignants dès leur première affectation. Catherine Ibled (EPR, Paris 13e), rapporteure du texte, l'illustre avec un cas concret :
« Une crèche sans personnel, un hôpital sans infirmières, une école sans enseignants : voilà le véritable coût des difficultés d'accès au logement des travailleurs essentiels. »
Le RN, champion inattendu du logement social
Le groupe Rassemblement national, avec 89 voix pour, défend le texte sur un registre social-patriote : le logement des soignants, policiers et enseignants est présenté comme un investissement dans la cohésion nationale. Frédéric Falcon (RN, Aude) annonce déjà comment son groupe entend capitaliser sur ce vote :
« Si les Français nous accordent leur confiance en 2027, le logement social sera au cœur de notre programme, intégré à la politique sociale dans son ensemble, et il retrouvera ses lettres de noblesse. »
La gauche unanimement contre : un texte jugé cosmétique
Face au soutien de droite, la totalité du bloc de gauche — LFI (63 voix), Socialistes (51), Écologistes (31), GDR (13) — a voté contre. Leur critique commune : le texte ne s'attaque pas aux causes structurelles de la crise du logement. François Piquemal (LFI-NFP, Haute-Garonne) résume la déception :
« Prévoit-elle la généralisation de l'encadrement des loyers ? Bien sûr que non. L'encadrement des prix du foncier, qui empêchent de nombreux jeunes ménages d'accéder à la propriété ? Non. »
Ce que change concrètement la loi
La proposition de loi visant à améliorer l'accès au logement des travailleurs des services publics repose sur trois mécanismes principaux :
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