- Lyhanna, 11 ans, disparaît le 29 mai 2026 à Fleurance (Gers). Son corps est retrouvé le 4 juin dans un silo agricole. Le suspect, Jérôme Barella, avait des antécédents de plaintes pour agression sexuelle sur mineur — non suivies d'effets judiciaires.
- Des défaillances procédurales : les signalements antérieurs contre le suspect n'avaient pas conduit à une interdiction d'exercer auprès de mineurs, ravivant le débat sur les manquements du système judiciaire et de protection de l'enfance.
- La PPL Spillebout était déjà en discussion à l'Assemblée avant la disparition de Lyhanna, en réponse aux scandales de violences dans des établissements comme Bétharram, Riomont ou Notre-Dame-de-Garaison.
- La loi Darmanin (réforme de la justice criminelle, 79 articles) visait en parallèle à accélérer le traitement des affaires criminelles — les viols prennent en moyenne 6 ans à arriver en jugement en France.
- L'enjeu : en France, environ 150 000 enfants sont victimes de violences sexuelles chaque année selon les estimations associatives. L'institution scolaire et périscolaire reste le premier espace de détection.
Le 1er juin 2026, l'Assemblée nationale adoptait à l'unanimité — 187 voix pour, zéro contre, zéro abstention — la proposition de loi Spillebout visant à protéger les enfants et à lutter contre les violences en milieu scolaire. Trois jours plus tôt, Lyhanna, fillette de 11 ans du Gers, avait disparu. Trois jours plus tard, son corps était retrouvé dans un silo agricole. Ce vote unanime, intervenu au cœur de l'affaire qui a bouleversé la France, révèle la capacité rare du Parlement à se rassembler — toutes tendances confondues — face à la protection de l'enfance.
Tous les groupes, d'un seul vote
De LFI-NFP au Rassemblement national, en passant par la Droite Républicaine, les Socialistes et les Écologistes, pas un groupe parlementaire n'a voté contre ni ne s'est abstenu. Le vote s'est conclu — selon la présidente de séance — par des applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EPR, SOC et DEM ainsi que sur quelques bancs du groupe LFI-NFP. Une image rare dans un hémicycle habitué à la confrontation.
« Il tend à reconstituer la chaîne de responsabilités évoquée par M. le ministre : celle de l'agresseur, celle des établissements qui n'ont pas contrôlé ce qui se passait en leur sein, enfin celle de la puissance publique. Ce dernier terme permet de couvrir à la fois le champ du scolaire, qui relève de l'État, et du périscolaire. »
Ce que change concrètement la loi
« Je ne crois pas un instant, collègues du Rassemblement national, que vous ayez déposé cet amendement de suppression de la mention du caractère obligatoire de l'éducation à la vie sexuelle et affective par souci d'alléger le texte. »
Les tensions sous l'unanimité
L'unanimité du vote final ne doit pas masquer les frictions du débat. Le Rassemblement national a tenté de supprimer le caractère obligatoire de l'EVARS — une disposition clé pour la prévention des violences sexuelles. La Droite Républicaine (DR) a de son côté défendu l'autonomie des établissements d'enseignement privé face aux nouvelles obligations de contrôle, invoquant un risque d'idéologie étatique dans des institutions qui relèvent d'une liberté constitutionnelle.
« Ce débat doit avoir lieu ; une fois de plus, restons-en à ce qui est l'objet de la loi — la protection des enfants — et écartons toute idéologie étatique hostile à l'enseignement privé. »
La loi Darmanin, en toile de fond
En parallèle de ce vote, la réforme de la justice criminelle portée par Gérald Darmanin — 79 articles destinés à accélérer le traitement des affaires pénales graves — était en cours d'examen à l'Assemblée. Son dispositif phare, la procédure de jugement des crimes avoués, visait à réduire le délai moyen de 6 ans entre un crime et son jugement. Darmanin lui-même a cependant reconnu que ni cette loi ni de nouvelles ressources n'auraient suffi à prévenir la mort de Lyhanna : le manquement était d'abord procédural et humain, pas législatif.
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